J'ai quitté ce monde et je suis revenu transformé
Accueil­Portail­Calendrier­FAQ­Rechercher­S'enregistrer­Membres­Groupes­Connexion
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetPartager | 
 

 Nikolaï Nevski [Sylphide, ancien humain de Rociel]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Nikolaï
.::. Sylphide Perturbée .::.
MODÉRATEUR
.::. Sylphide Perturbée .::.MODÉRATEUR


Nombre de messages: 763
[P]arti: Rociel
[F]onction: Pianiste angélique
[S]tatut: Défunt
Date d'inscription: 19/01/2006

Carnet pourpre

[M]aître/Esclave de: Chérubin de Rociel Van Sogenfaur
[L]ignée:
[G]énération:
MessageSujet: Nikolaï Nevski [Sylphide, ancien humain de Rociel]   Sam 21 Jan - 19:07

Nom : Nevski

Prénom : Nikolaï Aleksi

Surnom(s) éventuel(s) : Nika, surnom affectueux que bien peu d’habitants du palais utilisent (la dénomination la plus courante pour Nikolaï étant « l’humain de Rociel » ou « eh toi là ! »). Il arrive à Rociel de l’appeler « mon ange », même si c’est plus par ironie que par réelle affection – ce surnom a d’ailleurs le don de mettre Nikolaï mal à l’aise.

Âge : 19 ans

Lieu de naissance : Iaroslavl, Russie

Sentiment vis à vis des jumeaux et des vampires : Les vampires le terrifient et le dégoûtent tout à la fois, même si leur mode de vie aristocratique enflamme son imagination. Il se montre rétif à leur égard, sauf envers Rociel qu’il considère comme son sauveur plus que son geôlier et qu’il admire autant qu’il le craint.

Race: Humain

Statut : Humain de Noble

Parti : Loyaliste, mais plus par la force des choses que par conviction personnelle

Fonction : Humain esclave de Rociel

Description physique : L’image de l’ange est facilement associée à Nikolaï, essentiellement à cause de sa chevelure d’un blond soutenu, typiquement slave. Les quelques mèches qui lui tombent dans le visage rehaussent d’autant plus le bleu de ses yeux, qui malgré leur clarté s’avèrent très expressifs. La douceur et la gentillesse qui habitent le visage et le sourire du jeune russe achèvent de le faire ressembler à un ange un peu naïf, qui serait venu se promener en Enfer par curiosité.
Il est bon de noter sa peau pâle, souvent parsemée d’hématomes dûs à sa maladie. La peur de se couper rend Nikolaï très précautionneux et ses gestes sont exempts de toute maladresse, particulièrement ceux de ses mains. Ses doigts longs et fins trahissent sa passion pour le piano.
Bien que Nikolaï possède des traits fins et une silhouette mince, il n’a jamais eu envie de cultiver ses possibilités d’androgynie et reste donc assez nettement masculin, que ce soit dans sa démarche, sa manière de parler, ou l’ensemble de son attitude. Seuls ses vêtements peuvent installer un semblant de doute, étant donné que s’il s’habillait comme un homme du temps de sa liberté, il porte à présent des parures qui plaisent à Rociel. Ses habits suivent donc d’assez près sa silhouette, en général en laissant ses bras nus malgré le froid qui peut régner dans le palais (d’où l’avantage de venir de Russie). Les cols de ses chemisiers sont souvent assez hauts, pour mieux dissimuler les marques de morsures qui parsèment sa gorge.

Description morale : L’adjectif « angélique » s’applique aussi bien aux traits qu’au caractère de Nikolaï. Très doux, il était extrêmement serviable avant sa capture qui l’a rendu un peu paranoïaque – il est extrêmement méfiants vis-à-vis des « services » que les vampires lui demandent… Sa timidité s’en est trouvée accentuée, si bien qu’il est devenu très craintif. Facilement effarouché par les vampires, il refuse en général de leur obéir, et s’ils insistent, il se réfugie dans les appartements de son maître, ce qui lui a valu une réputation de froussard assez peu flatteuse. Seuls les jumeaux et ceux qui ont leur bénédiction le trouveront docile et facile à approcher.
Très curieux de nature, Nikolaï est toujours avide d’explorer le palais, au risque d’approcher les geôles humaines et d’en revenir avec un généreux bagage de cauchemars. Sans être dédaigneux, il ne se préoccupe pas de ses semblables dans le palais, pas plus qu’il ne pense aux vampires des bas quarter. Sorte de réflexe pour sauvegarder la maigre tranquilité d’esprit qu’il a réussi à se forger dans sa prison dorée.
Nikolaï a été profondément traumatisé par sa capture, qui continue de le hanter dans son sommeil. En conséquence, il peut parfois se comporter comme un petit garçon apeuré simplement en quête d'un peu d'affection. Son sourire amical trahit ainsi une certaine tristesse, qui lui vient de son enfance isolée aussi bien que de sa situation présente.


Signe physique particulier : Mis à part les marques de morsure dans son cou, le seul signe particulier de Nikolaï est qu’il porte autour de son bras droit un bracelet d’argent frappé des armoiries de Rociel Van Sogenfaur. En théorie il pourrait l’enlever, mais pourquoi se débarasser d’un bijou qui assure sa sauvegarde au sein de la communauté vampirique ?

Style de combat : C’est quoi combattre ? Rocieeeel, ils m’embêtent ! >.<

Autre: Son hémophilie fait que son sang, perpétuellement fluide, est un véritable nectar pour les vampires.


Dernière édition par le Sam 21 Jan - 20:14, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hollowdream.darkbb.com
Nikolaï
.::. Sylphide Perturbée .::.
MODÉRATEUR
.::. Sylphide Perturbée .::.MODÉRATEUR


Nombre de messages: 763
[P]arti: Rociel
[F]onction: Pianiste angélique
[S]tatut: Défunt
Date d'inscription: 19/01/2006

Carnet pourpre

[M]aître/Esclave de: Chérubin de Rociel Van Sogenfaur
[L]ignée:
[G]énération:
MessageSujet: Re: Nikolaï Nevski [Sylphide, ancien humain de Rociel]   Sam 21 Jan - 19:22

Histoire :

An de grâce 2151. Campagne de Iaroslavl, un peu plus de deux cent cinquante kilomètres au nord de l’éternelle Moscou. La neige bondissait et se soulevait, dansait dans le vent pour draper les gestes des enfants. Ils jouaient depuis une longue demi-heure à présent, et riaient comme s’ils ne sentaient ni le froid ni la fatigue. L’un d’eux commença à courir, un autre le rattrapa. Ils roulèrent tous les deux au sol, le second s’efforçant de remplir de neige le col du premier. Rires, joie, vie. Non loin de là, derrière les vitres auréolées de gel d’une petite isba accolée à la forêt, deux vifs yeux bleus détaillaient leur jeu.

« Nika, vas-tu descendre de là ? Tu vas vraiment finir par te faire mal ! »

Le garçon, environ cinq ans, tourna lentement la tête. La femme d’une cinquantaine d’années qui venait de lui parler en français lui jetait un regard irrité, les poings sur les hanches. Il savait bien qu’il n’avait pas le droit de monter sur la plaque du radiateur, mais c’était le seul moyen dont il disposait pour regarder par la fenêtre. Visiblement réticent, l’enfant revint un instant aux autres garçons qui couraient là-bas, dans le froid, dans ce blanc si doux et si attirant.

« Je pourrais aller jouer avec eux, aujourd’hui ? Je ferai attention, Babou. Je peux y aller, pazhaluysta ? »

« Pas de russe. »

« Sssss… s’il te plahait ? »

« S’il te plaît. »

Et elle pivota sur ses talons pour retourner à sa couture, sans prendre la peine de répondre à la demande du garçon. Le regard de Nikolaï se teinta de tristesse, mais il ne dit rien. Bien sûr que c’était non, c’était toujours non. Il savait qu’il n’était pas comme les autres enfants, Babou le lui avait déjà expliqué maintes et maintes fois. Ce qu’il risquait s’il tombait, s’il se blessait, il le savait très bien, à défaut de pouvoir déjà l’expliquer. Et c’était toujours non. Ne cours pas, ne sors pas sans Babou, reste calme, apprends à lire, apprends le français. Descends de la plaque du radiateur. Nikolaï se détourna de la fenêtre et se laissa glisser à terre. Les pieds sur le plancher, il n’était plus assez grand pour voir les autres organiser leur jeu en bataille de boules de neige. Il aurait tant aimé que pour une fois Babou lui dît oui…

Non pas qu’il en voulût à grand-mère Svetlana, au contraire. Malgré son apparente maigreur et ses mains tourmentées par les années de raccommodage au service des autres, c’était une femme forte, rassurante, terriblement endurante. A sa manière, elle en était belle, malgré les mèches de cheveux gris qui se mêlaient au châtain de son chignon. Nikolaï l’avait toujours connue ainsi, toujours. Babou, la mère de sa mère. La femme qui s’occupait de lui depuis sa naissance, depuis que sa véritable génitrice était morte en couches et que son père, fou de douleur, s’était pendu le soir-même de sa naissance. Triste début pour une vie qui ne s’annonçait pas plus joyeuse.

Babou lui avait aussi dit qu’il était noble, très noble même, bien plus que tout ce qu’il pouvait imaginer. Que c'était pour cela qu'il devait apprendre le français, comme elle-même l'avait fait. Que leur modeste isba n’était que l’écrin temporaire d’où il émergerait un beau jour, plus lumineux que le papillon qui émerge de son disgrâcieux cocon. Elle lui avait appris l’histoire de celui qu’elle prétendait être son ancêtre, Alexis Romanov, frère de Nicolas II, dernier tsar de toutes les Russies. Nikolaï ne comprenait pas très bien comment Babou pouvait savoir qu’il était issu d’une lignée aussi ancienne, mais cette histoire lui plaisait beaucoup. Elle avait également le mérite d’expliquer cette malédiction qui coulait dans ses veines. La maladie des rois. L’hémophilie.

Chez les autres garçons et filles, chez le jeune Dmtri qui s’occupait des courses de Babou et lui coupait son bois, chez toutes les autres personnes qu’il connaissait, Nikolaï avait toujours vu le sang couler, puis s’arrêter après quelques minutes, parfois seulement quelques secondes. Une égratignure, une exclamation de contrariété, une petite compression, puis plus rien. Son sang à lui ne tarissait pas. Il coulait, coulait, coulait encore, à la moindre entaille, à la moindre petite plaie. Le plus bénin des hématomes devenait une volumineuse tâche sombre, qui s’étendait sous sa peau et le faisait souffrir le martyr. Babou le soignait en silence, séchant ses larmes sans savoir quoi dire. Les extraits sanguins qu’il aurait fallus à Nikolaï étaient chers, et bien souvent ils en manquaient. Alors le garçon restait à l’intérieur de la petite isba, à écouter l’histoire des Romanov, pendant que le monde grandissait et s’épanouissait sans lui.

Pour oublier qu’il n’avait pas le droit de sortir, Nikolaï avait pris l’habitude de se réfugier dans la chambre qu’il partageait avec Babou. Là résidait leur seul trésor, un discret meuble à la couleur passée, aux doigts d’ivoires jaunis par les ans. Des doigts qui pourtant n’étaient qu’endormis, et qui à la moindre caresse laissaient échapper un son aussi beau et pur qu’au premier jour. Babou y veillait. Alors le garçon à la blondeur d’angelot s’asseyait sur le grand tabouret du piano, et ses doigts délicats parcouraient lentement les touches, à la recherche de l’enchaînement parfait, de la gamme idéale. Au fil des ans, les gammes devinrent mélodies, les mélodies trouvèrent leur accompagnement, l’ensemble devint œuvre d’art…

2166. A bientôt vingt ans, Nikolaï jouait toujours. Sa beauté angélique s’était affirmée, quittant le domaine de l’androgynie pour devenir celle d’un jeune homme aux traits fins, rehaussés en permanence d’un magnifique sourire qui aurait éveillé le cœur du plus froid des êtres humains. Mais les bleus trop imposants parcouraient toujours ses membres, et à l’âge où tous les garçons découvrent avec avidité les affres et les délices de la passion amoureuse, il vivait toujours seul avec Babou.

Babou qui était malade, depuis quelques temps. Chaque hiver faisait davantage souffrir ses doigts torturés, et ce que Nikolaï gagnait, elle semblait le perdre. Reléguée dans son lit pratiquement en permanence, elle s’acharnait pourtant à coudre, encore et encore, à raccommoder tout ce que les femmes de la ville lui faisaient parvenir et à en demander plus lorsque c’était fini. C’est qu’elle était si près du but… Encore quelques mois, et elle aurait rassemblé une somme suffisante pour que son Nika entre au Grand Conservatoire de Moscou. Il avait le talent, il lui fallait l’argent. Et elle y arrivait presque, elle savait qu’elle allait y arriver…


« Babou, tu ne devrais pas… »

« Je sais ce que je fais, ne t’en occupe pas. »

« Mais… »

« Pas de mais. Maintenant, écoute bien : Dmtri est malade, alors c’est toi qui va ramener ce panier à monsieur Peresnov. S’il a encore du linge pour moi, tu me l’amènes, je te fais confiance. Mais sois prudent dans le bus, assieds-toi à l’avant et cale-toi bien contre… »

« Contre le mur, je sais. Je ferai attention. C’est pour toi que je m’inquiète : tu as beaucoup toussé cette nuit, tu devrais peut-être te reposer un peu… »

« Net. Nikolaï Aleksi Nevski, tu vas me faire le plaisir de faire ce que je t’ai demandé et de rentrer sans te poser de question. Prends l’extrait de plaquettes avec toi, on ne sait jamais. »

Le jeune homme renonça à protester. Elle ne changerait pas d’avis, il la connaissait assez pour en être sûr. Sans compter que malgré ses scrupules, il devait s’avouer assez heureux de bénéficier enfin d’un bon prétexte pour aller seul en ville. Jusqu’à présent, Dmtri l’y avait toujours accompagné, et même un être patient et docile comme Nikolaï pouvait s’irriter qu’on continuât de le surveiller de la sorte alors qu’il avait presque vingt ans. Certes sa maladie le rendait vulnérable, mais il y avait des limites… Le jeune homme embrassa sa grand-mère, se saisit du linge, de son sac qui contenait l’extrait concentré de plaquettes qu’il devait s’injecter en cas d’urgence et sortit de l’isba en fermant la porte à clé.

« Poka, Babou ! »

A bientôt… Un quart d’heure après son départ, Svetlana fut tirée de sa somnolence par un courant d’air glacial. Avait-elle mal refermé une fenêtre ? Non, en Russie ce genre d’oubli se faisait sentir immédiatement. En se redressant sur ses oreillers, la vieille femme distingua de la lumière dans le hall d’entrée. Pourtant Nika avait fermé la porte en partant, elle en était certaine. Soudainement mal à l’aise, Svetlana eut le réflexe qui lui parut stupide de s’assurer que sa croix orthodoxe était toujours suspendue sur la porte de la chambre. Pourquoi cela ? Elle était croyante, mais certainement pas dévote au point de croire que le Seigneur la protégerait d’un cambrioleur.

« Nika ? »

Une main gantée s’infiltra alors dans l’espace laissé libre par la porte entrouverte, et elle contourna le battant pour arracher vivement l’objet saint accroché au bois. Une épaule dégoulinante de cheveux noirs apparut, puis ce fut un œil sombre, étincelant d’une lueur goguenarde qui défiait la conception même d’humanité. Svetlana ne pensa à crier qu’après avoir compris les mots qu’une douce voix de femme venait de chuchoter :

« Nika ne rentrera pas aujourd’hui. Je crois qu’il ne rentrera plus, d’ailleurs. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hollowdream.darkbb.com
Nikolaï
.::. Sylphide Perturbée .::.
MODÉRATEUR
.::. Sylphide Perturbée .::.MODÉRATEUR


Nombre de messages: 763
[P]arti: Rociel
[F]onction: Pianiste angélique
[S]tatut: Défunt
Date d'inscription: 19/01/2006

Carnet pourpre

[M]aître/Esclave de: Chérubin de Rociel Van Sogenfaur
[L]ignée:
[G]énération:
MessageSujet: Re: Nikolaï Nevski [Sylphide, ancien humain de Rociel]   Sam 21 Jan - 19:28

Iaroslav, nuit tombante. Nikolaï rencontra Anya en sortant de la teinturerie Peresnov. Elle semblait l’attendre, le sourire aux lèvres, debout sur le trottoir encore massivement enneigé en ce mois de février. Ses yeux marron brillaient d’un éclat qui aurait mis à genou le plus perfectionniste des bijoutiers, et la mélodie de sa voix faisait passer les performances de pianiste de Nikolaï pour des essais discordants.

« Dobry vetcher. Je vais te paraître un peu cavalière de t’aborder de la sorte, mais bon… c’est la première fois que je te vois ici, tu n’es pas de la région ? »

Le jeune homme semblait statufié. Vivre à l’écart de tout l’avait rendu relativement peu sensible à sa propre beauté, et penser qu’un être d’une telle perfection pût le remarquer, lui parler… Cela relevait pour lui du rêve éveillé. Visiblement amusée par sa stupeur et son admiration muette, la jeune femme écarta d’un geste les cheveux noirs qui lui tombaient dans les yeux avant de lui tendre sa main gantée de velours noir.

« Je m’excuse, je suis d’une impolitesse… Anya Esropkin. »

« N… Nikolaï Nevski. »

Destabilisé, il réagit instinctivement, en héritier de Romanov qu’il n’était pas, et saisit le membre ganté pour saluer Anya d’un baisemain. Elle rit et il sentit le sang lui monter au visage, mais l’inconnue s’empressa de le détromper : les gens raffinés étaient d’une telle rareté… Mis en confiance, Nikolaï se détendit un peu. Il lui expliqua qu’il attendait son bus pour rentrer chez lui, dans la campagne proche. Elle lui proposa d’aller se réchauffer dans un bar pour passer le temps et faire connaissance. D’abord réticent, Nikolaï finit par accepter. Il se sentait tellement isolé lorsqu’il était confiné dans l’isba…

« Vodka ? »

« Non merci, je ne dois pas boire d’alcool. »

« Jamais ? »

« Jamais. »

Comment cela pas d’alcool ? C’était incroyable… Pourquoi, comment ? Nikolaï n’avait pas très envie de répondre, mais le regard d’Anya s’était fait si enjôleur… Alors le jeune homme lui dit tout. Hémophilie, risque de tous les instants. Hors de question de toucher aux spiritueux de peur de tomber ou de se cogner. Lorsqu’il prononça le nom de sa maladie, il cru distinguer une lueur incongrue dans l’œil de la jeune femme, comme si elle avait soudain été en proie à une joie intense. Il fronça les sourcils et s’interrompit :

« Quoi ? Cela te dérange que je sois malade ? »

Léger rire. Le jeune homme remarqua alors que depuis qu’ils s’étaient rencontrés, elle n’avait jamais sourit avec franchise. Les coins de ses pulpeuses lèvres se soulevaient sans laisser apparaître les dents.

« Nikolaï, tu ne sais pas à quel point ce que tu viens de dire est risible. »

La main d’Anya voleta par-dessus la table qui les séparait pour venir se déposer avec une infinie douceur sur celle de Nikolaï. Ce soudain contact eut l’effet d’un électrochoc sur le jeune homme, qui sursauta au point de renverser son café sur son pantalon. Son visage prit une teinte cramoisie et un flot confus d’excuses s’échappa de ses lèvres tandis qu’il se levait pour se diriger d’un pas mal assuré vers les toilettes. Anya le suivit du regard sans mot dire.

Seul dans le crasseux réduit qui servait de latrines, Nikolaï se passa de l’eau glacée sur le visage et prit le temps de s’observer dans la partie du miroir encore exempte de saletés. Pourquoi cette gène qui le paralysait ? Dans les romans qu’il avait lus, le héros pouvait être méfiant vis-à-vis d’une femme, mais il ne sursautait jamais de la sorte lorsqu’elle le touchait. Perdu dans les sentiments contraires que les doux yeux sombres d’Anya suscitaient en lui, Nikolaï pensa soudain à vérifier l’heure. Son bus ! Il était en train d’oublier son b…

« Ne t’inquiète pas mon ange, plus personne ne t’attend à l’isba. »

Les bras d’Anya se refermèrent autour de lui, l’un le ceinturant au niveau de la poitrine pour l’empêcher de se débattre, l’autre couvrant d’un mouchoir de tissu sa bouche et ses narines. Le jeune homme eut un spasme de surprise pendant lequel il eut le réflexe d’inspirer, et l’odeur acre de l’éther se déversa dans ses voies respiratoires. Nikolaï gémit et tente de se dégager. Ce fut pure perte. Anya le retenait avec une force inimaginable. En quelques secondes, le monde s’écroula, et la lumière vacillante de l’ampoule dénudée qui pendait au plafond s’éteignit. Le jeune homme eut encore le temps de remarquer que le miroir lui renvoyait bien sa propre image, mais qu’à la place d’Anya se tenait une silhouette floue et sombre, aux crocs monstrueux et aux yeux flamboyants. Puis l’image disparut à son tour et Nikolaï s’évanouit.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hollowdream.darkbb.com
Nikolaï
.::. Sylphide Perturbée .::.
MODÉRATEUR
.::. Sylphide Perturbée .::.MODÉRATEUR


Nombre de messages: 763
[P]arti: Rociel
[F]onction: Pianiste angélique
[S]tatut: Défunt
Date d'inscription: 19/01/2006

Carnet pourpre

[M]aître/Esclave de: Chérubin de Rociel Van Sogenfaur
[L]ignée:
[G]énération:
MessageSujet: Re: Nikolaï Nevski [Sylphide, ancien humain de Rociel]   Sam 21 Jan - 19:37

Le réveil qui s’ensuivit fut sans aucun doute le plus éprouvant de toute la vie du jeune pianiste. Même la fois où il était tombé du lit et s’était réveillé couvert d’hématomes n’avait pas été aussi douloureuse. Nikolaï ouvrit les paupières avec difficulté. Il se trouvait dans un espace sombre, assis contre un mur métallique qui vibrait dans son dos d’un ronronnement sourd. Ses bras lui faisaient mal là où Anya l’avait saisit, de cette souffrance caractéristique des bleus qui ne se résorbent pas. Ses poignets étaient pris dans deux bracelets de cuir rembourrés qui le retenaient contre la paroi de métal. Il avait froid. Il avait peur. Le jeune russe s’efforça d’appeler à l’aide, mais un bâillon étroitement serré l’en empêchait. Seul un gémissement paniqué parvint à transpercer le tissu.

Contre toute attente, ce ténu appel eut une réponse. Un rideau s’écarta sur sa gauche, lui permettant de découvrir avec stupeur le jour qui se levait derrière les vitres d’un poste de pilotage. Un avion ? Que faisait-il dans un avion ? Un rire moqueur s’éleva alors du siège du copilote, et les yeux éblouis de Nikolaï distinguèrent enfin l’homme qui avait ouvert le rideau.


« Tiens, notre bel endormi se réveille. »

La voix de l’inconnu provoqua un frisson dans la colonne vertébrale du pianiste. Cette intonation lui rappelait tant celle d’Anya… L’homme quitta son siège pour s’approcher de lui, souriant. Mais d’un rictus affreux, qui découvrait ses canines hypertrophiées et conférait à son visage une effroyable gourmandise. Ses yeux bleus écarquillés d’horreur, Nikolaï se recroquevilla contre le mur tandis que la créature s’accroupissait en face de lui. La main gelée de l’homme vint lui caresser la joue, et le jeune homme sursauta de la même manière qu’au contact d’Anya. Un sursaut qui, il le comprenait à présent, était un instinctif mouvement de recul.

Alors l’inconnu commença à parler, un discours calme et posé qui envahit l’esprit de Nikolaï avec l’insidieuse efficacité d’un poison. Il parla de l’Islande, de vampires, de liste, de nourriture. De Anya, sa meilleure rabatteuse, qui repérait les proies et enquêtait à leur sujet des mois avant leur capture. Du statut d’hémophile du jeune humain, qui en faisait un gibier – un gibier ! – extrêmement raffiné, qui voyageait en cabine et non pas dans les soutes afin d’être servi le plus rapidement possible à la table royale. Nikolaï écoutait, terrifié, incrédule devant tant d’horreurs. Mourir ? Mais non ! Il avait vingt ans, il ne pouvait pas mourir, pas comme ça, pas aussi vite ! Les vampires n’existaient pas, sauf dans les légendes et ces vagues histoires qui circulaient dans les journaux. Il ne voulait pas mourir…

Mais on avait décidé pour lui, apparemment. L’atterrissage à Reykjavik, le débarquement, les nouveaux liens, les nouveaux vampires. Les visages humains, qui le regardaient passer puis se détournaient avec lassitude et tristesse. Tout cela ne fut qu’un tourbillon confus pour Nikolaï. Il avait pleuré à un moment, peut-être un peu avant l’atterrissage, mais cela n’avait pas duré. Il était encore sous le choc, trop égaré pour s’autoriser à pleurer sur ce sort qu’il ne parvenait pas à comprendre. Il allait rentrer chez lui, retrouver Babou, son piano. Il entrerait au Conservatoire de Moscou, ferait carrière, aurait enfin de quoi payer son traitement et celui de sa grand-mère. Mais mourir…

Le temps sembla reprendre son court ordinaire lorsqu’il entra dans les cuisines du palais. Contrairement aux autres humains dont on arrachait les vêtements pour les entasser sans précaution dans les cages qui longeaient le mur, Nikolaï fut traité avec égard, par des vampires qui savaient apparemment que les coups auraient des conséquences désastreuses sur le corps du jeune homme. Celui-ci commença pourtant par se débattre, et il fallut toute la patience et la dextérité des immortels pour le dévêtir sans lui faire de mal. Ils le rhabillèrent ensuite avec une sorte de toge facile à ôter, faite d’un tissu riche, d’un blanc immaculé. Nikolaï comprit que c’était en quelque sorte leur manière de faire les papillotes. Si son estomac avait contenu quelque chose, il aurait pu en vomir.

Le destin du jeune homme acheva de se jouer au moment où on le poussait dans la somptueuse salle à manger. Malade de peur et d’angoisse, Nikolaï subit les lumières éclatantes des lustres et des divines dorures comme autant d’agressions supplémentaires. Chaque choc supplémentaire le détruisait de l’intérieur, et la vision de la grande table ensanglantée vers laquelle ses bourreaux l’entraînaient fut le coup de grâce. Ses yeux se fermèrent, ses jambes se dérobèrent, et il se serait effondré de tout son long si les deux « serveurs » ne l’avaient pas rattrapé in extremis. Ce fut à cet instant qu’une voix émergea du brouhaha de la salle, une voix en français, au-delà de tout adjectif des langues humaines. Une voix qui rejoignait le concept même du Divin.


« D’où vient-il ? »

Des réponses embarrassées, intimidées. Les mots Russie occidentale, hémophile. Une caresse d’une inconcevable douceur, qui chassa une mèche blonde du front pâle et trempé de sueur. Nikolaï entrouvrit les paupières, attiré par cette voix et ce contact comme le papillon l’est par la flamme qui va le détruire. Ses iris azurés rencontrèrent un regard bleu et or à côté duquel les yeux des autres vampires paraissaient ternes, morts. Un regard auquel le jeune humain se raccrocha comme un noyé se saisit de la bouée qu’on vient enfin de lui lancer.

« Pomochtcha… je vous en prie… aidez-moi… »

Une longue seconde passa, puis Nikolaï sentit le bras de l’être passer sous le sien pour l’enlacer, le forcer à se lever, à se mettre à sa hauteur. Un souffle chaud dans son cou. Puis une douleur, aiguë et exquise, qui inondait son corps et le brûlait de l’intérieur. Douleur extatique et malheureusement fugitive, qui ne dura que le temps d’une gorgée pour le vampire qui avait apparemment simplement voulu goûter. Un soupir s’échappa des lèvres de Nikolaï, qui ferma à nouveau les yeux et laissa tomber sa tête sur l’épaule de l’immortel. Celui-ci le garda contre lui, le portant aussi facilement qu’il l’eût fait d’une poupée de chiffon. Une sensation humide vint effleurer les lèvres de l’humain, qui reconnut avec stupeur la saveur cuivrée du sang. Sa main tremblante vint saisir le poignet entaillé qu’on lui présentait, et son corps qui ne lui obéissait plus le força à avaler une gorgée supplémentaire de ce nectar jusqu’alors inconnu. Mais ce ne fut qu’une infime lampée, bien moins que ce que le vampire lui avait pris. Juste assez pour refermer sa blessure au cou et l’empêcher de se vider de son précieux sang malade.

« Allez, retournez à votre tâche. Cet humain restera dorénavant avec moi. »

« Bien, Seigneur Rociel. »

Nikolaï sentit une nouvelle fois cette délicate main passer dans ses cheveux d’or, et il ne songea pas à se débattre. Il se sentait bien ainsi, encore légèrement euphorique, tout contre cet être divin qui venait pourtant de s’approprier sa personne comme on s’approprie un animal de compagnie. Mais cela n’avait pas d’importance. Nikolaï se sentait vivre, et si pour prolonger cet état il devait être réduit au rang d’esclave, peu lui importait. A la Cour du Mal , les contes de fées de Babou sur le Conservatoire, l’avenir ou les Romanov n’avaient plus lieu d’être.

_____________________________________________________________
_____________________________________________________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hollowdream.darkbb.com
Lestat de Nosferatu
.::. Vampire noble .::.
.::. Vampire noble .::.


Nombre de messages: 332
Age: 22
[P]arti: Loyaliste
[F]onction: Ancien favori de la Reine
[S]tatut: Noble
Date d'inscription: 19/01/2006

Carnet pourpre

[M]aître/Esclave de:
[L]ignée: Lilianite
[G]énération: 2eme génération
MessageSujet: Re: Nikolaï Nevski [Sylphide, ancien humain de Rociel]   Sam 21 Jan - 19:51

Bienvenue sur Vampires jeune humain. Ta présentation est esquise, en tout point. En particulier l'histoire. Je valide ta fiche en ce qui me concerne. Bon RP

[Fiche Validée]


[moi qui voulait user de mes pulsions sadiques, je ne peux pas avec toi]
[ps: Tu as vu Anastasia ? Le dessin animé ? Parceque ta fiche me faut penser a ce film, surtout le début ainsi que le terme "le tsar de toutes les Russies", une des répliques du film]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nikolaï
.::. Sylphide Perturbée .::.
MODÉRATEUR
.::. Sylphide Perturbée .::.MODÉRATEUR


Nombre de messages: 763
[P]arti: Rociel
[F]onction: Pianiste angélique
[S]tatut: Défunt
Date d'inscription: 19/01/2006

Carnet pourpre

[M]aître/Esclave de: Chérubin de Rociel Van Sogenfaur
[L]ignée:
[G]énération:
MessageSujet: Re: Nikolaï Nevski [Sylphide, ancien humain de Rociel]   Sam 21 Jan - 20:10

Merci beaucoup, ravie que mon histoire te plaise. Embarassed Je m'excuse de te priver d'une occasion de nous prouver ton grand sadisme, mais ne t'inquiète pas, je suis persuadée que ça se présentera bien assez tôt. ^^

En ce qui concerne Anastasia, oui j'ai vu ce superbe dessin animé, mais s'il y a eu inspiration c'était totalement inconscient. Quoique, c'est bien possible que je ce soit de là que je tire ma périphrase sur le tsar... Sais pas. Rolling Eyes

PS: Quand c'est qu'on commence? bounce
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hollowdream.darkbb.com
Liliane Van Sogenfaur
.::. Jumelle du théâtre .::.
.::. Jumelle du théâtre .::.


Nombre de messages: 1054
[P]arti: Loyaliste
[F]onction: Reine Folle
[S]tatut: Royal
Date d'inscription: 07/01/2006

Carnet pourpre

[M]aître/Esclave de:
[L]ignée: Lilianite
[G]énération: 1ere génération
MessageSujet: Re: Nikolaï Nevski [Sylphide, ancien humain de Rociel]   Sam 21 Jan - 20:21

Quand tu veux, tu peux déjà poster où tu veux. Enfin relativement.

Mais sinon, très belle fiche comme toujours ^^ *Larme à l'oeil*
Heureusement que mon frère était là quand même, qu'est ce que nous sommes bons.

*S'en va*

_________________
Rentre ! C'est le moment où la lune réveille
Le vampire blafard sur sa couche vermeille.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Rociel Van Sogenfaur
.::. Spinner Künstler .::.
.::. Spinner Künstler .::.


Nombre de messages: 1188
[P]arti: Loyaliste
[F]onction: Souverain
[S]tatut: Vampire noble
Date d'inscription: 13/01/2006

Carnet pourpre

[M]aître/Esclave de: Maître de Nikolaï
[L]ignée: Rociélite
[G]énération: 1ère
MessageSujet: Re: Nikolaï Nevski [Sylphide, ancien humain de Rociel]   Sam 21 Jan - 20:29

Comme l'a si bien dit Lestat, l'histoire est exquise! C'est toujours un plaisir de vous lire, et je suis sûr que j'en aurais autant à jouer avec ce nouveau personnage très intéressant (et succulent^^)

Donc rebienvenue à vous!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nikolaï
.::. Sylphide Perturbée .::.
MODÉRATEUR
.::. Sylphide Perturbée .::.MODÉRATEUR


Nombre de messages: 763
[P]arti: Rociel
[F]onction: Pianiste angélique
[S]tatut: Défunt
Date d'inscription: 19/01/2006

Carnet pourpre

[M]aître/Esclave de: Chérubin de Rociel Van Sogenfaur
[L]ignée:
[G]énération:
MessageSujet: Re: Nikolaï Nevski [Sylphide, ancien humain de Rociel]   Sam 21 Jan - 20:49

Merci beaucoup à tous les deux. ^^

*fait semblant de n'avoir pas lu le mot "succulent"*
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://hollowdream.darkbb.com
 

Nikolaï Nevski [Sylphide, ancien humain de Rociel]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vampires :: Le recueil :: [†] Liste des Présentations :: Les Incarnés-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet