I. Renseignements généraux[†] Nom : Sorel
[†] Prénom : Ana
[†] Âge : 9 ans
[†] Âge lors de la mort: 8 ans et demi
[†] Race : Sylphide
[†] Lieu de naissance : Séville
[†] Lieu de décès : Gerona
[†] Pouvoir : Faire survenir en tous l’image même de la peur, la mort.
[†] Parti : Fidèle
[†] Statut : Noble
[†] Sentiments vis à vis des humains et des vampires: Ana a renié l’humanité, sa violence et sa stupidité. Elle voit les vampires comme des êtres captivants aux sens exacerbés, elle voudrait comprendre comment Vicente c’est retrouvé au cœur de la cour, dans les bras de Rociel. Vraiment particulière comme personne, elle ne craint nullement les regards machiavéliques des morts aux grandes dents et serait amenée, au contraire à les regarder de haut, avec le dédain qu’offre le savoir à l’ignorance. Les humains sont selon Ana des bêtes cruelles et sanguinaire, plus encore que les vampires, des sauvage, barbare qui ne savent aimer et n’agisse qu’en animaux poussé a la reproduction sans se soucier des conséquences.
II. Descriptions[†] Description physique :De son vivant, Ana était une jolie fillette de type méditerranéen. Assez grande, un corps fluet, elle attirait sur elle les regards par ses sourires lumineux. Son corps d’enfant ne laissait aucun doute sur son sexe, car ses traits fins et ses longs cheveux pouvaient ne pouvait omettre le fait de sa beauté future et de son charme naturel.
Son visage était d’un bel ovale, quoique un peu rond en raison de son jeune age mais ne demandant qu’à se parfaire ce qui aurait certainement été le cas si on lui en avait laissé le temps.
Sa peau toujours bronzée reflétait ses origines espagnoles. Mat, presque doré, Ana semblait irradier d’une chaude et douce lumière.
Loin d’agresser les êtres humains présents à ses cotés, sa simple présence tentait plutôt de tirer un sourire, de réchauffer une âme ou un cœur meurtrie, offrir à tous ceux qui posaient les yeux sur elle une parcelle de son soleil intérieur.
Sa chevelure lui arrivait autrefois aux reins, elle choyait sur son dos en une longue cascade de boucle brune aux mèches abîmées. La lutte était constante entre Vincente et elle quant au sort du « sac de noeuds » aux pointes fourchue auquel Ana tenait tant.
L’idée de les couper, comme son père le suggérait si souvent, provoquait chez elle d’irrépressibles crises de larmes probablement dû à un traumatisme infantile. Dans ses cas là, ses grands yeux bruns si confiants s’emplissaient de larmes et de courts sanglots disjoignaient ses lèvres boudeuses. Ses cils battants, emplis de gouttes chagrines, finissaient d’achever l’ordre sévère et d’abattre la menaçante paire de ciseaux, deux bras s’ouvrants, la nichant contre le cœur aimant de celui qu’elle voyait comme un père.
Agile et souple, elle enchaînait les sauts et ne cessait de courir d’un lieu à un autre, escaladant, grimpant, tombant et égratignant ses jambes sveltes et musclées. Tel un cabris, elle gambadait dans les rues pavées d’Espagne, ses traits épanouis arborant un amour filial retrouvé après de nombreuses années sombres et crasseuses.
À présent lorsqu’on regarde la petite fille, on ne voit plus la même personne. Elle n’est semblable à aucun niveau et son image d’aujourd’hui ignore totalement les traits qu’elle possédait des décennies plus tôt. Normal diraient certains, son corps, cette enveloppe charnelle, cette flasque masse de cellules vivantes qui l’étouffe, cette apparence n’est pas la sienne. Elle ne sait pas à qui est ce corps et elle s’en fiche. Ce qu’elle sait, c’est qu’elle ne l’aime pas.
Il est laid.
Il est différent.
Il ne lui ressemble pas et elle ne peut s’y retrouver.
Ce corps a tué son père.
Petit et minable. Fragile et impuissant. Elle a perdu tout ce qu’elle était.
« Elle est adorable ! » S’exclameraient les dames de la cour avant de croiser son regard. Si mignonne...
Désormais petite, pas plus d’un mètre vingt, Ana est physiquement l’exemple d‘une jeune fille modèle. Ses cheveux fins sont noirs et lui arrivent un peu au-dessus des épaules, ils tombent sagement en larges ondulations, encadrant son visage de courtes anglaises souples et brillantes. Ils s’accordent à ravir avec ses pommettes roses et arrondies, signe enfantin des plus charmant, et soulignent le bleu profond de ses jolis yeux. « Oh ! Comme elle est mignonne ! » Pourraient dire les dames de la cour avant de s’immerger dans les abysses destructeurs qu’elle a pour pupille. Un petit ange ! Un corps dépourvue de courbes féminines, mais parfaitement proportionné pour une demoiselle de son age, un peu potelé peut être, mais il s’agira là de traces d’enfance et de rondeurs destinées à disparaître.
Pourtant ce regard...
Non, elle ne l’a pas perdue cette faculté de communiquer avec autrui d’un simple coup d’œil. Si à l’époque elle dulcifiait n’importe qui en plongeant ses prunelles dans celles de son interlocuteur de façon à montrer son amour, sa bonté et sa vivacité, elle emplie maintenant celui qui ose l’affronter d’un tourment glacial, elle offre une vision infernal de ce qu’est la folie, la peur, la haine et la mort.
Ces grands yeux bleu, si beaux, qui pourrait pétiller de vie et de chaleur, montre ce qu’elle n’est pas.
Car aussi réel que soit le corps de cette fillette, toute once d’humanité l’a quitté à l’instant ou elle est revenue d’entre les morts.
[†] Description caractérielle :Autrefois un sourire illuminait continuellement la bouille de la petite Ana dont les yeux curieux cherchaient toujours de nouvelles informations à assimiler. Un mot doux, un « je t’aime », qu’elle n’aurait jamais hésité à baragouiner face à son père, cet homme qui avait illuminé sa vie. Un attention et un amour débordant, pataud mais tellement présent.
Vitalité et joie de vivre retrouvée.
Elle avait enfin réussi à oublier l’abandon, la trahison de parents que le malheur égoïste avait poussés au renoncement. Elle avait retrouvé un père, quelqu’un sur qui compter, quelqu’un qui enfin pourrait lui rendre l’amour débordant dont chaque enfant est pourvu. Elle pouvait faire confiance et prendre le statut de mineur irresponsable qu’elle n’avait jamais pu être.
Les sept premières années de sa vie avaient été extrêmement mouvementées, cette instabilité se retrouvait donc ineffaçablement dans son caractère. Étrange enfant que cette fille du sud à l’épicé caractère. Enfant oui, et pourtant déjà adulte parfois, dans son comportement, dans ses raisonnements, car il est difficile d’aimer après avoir subi le rejet et le mépris. Il est presque impossible d’offrir sa confiance à nouveau quand elle a été meurtrie. Bafouer la naturelle confiance d’un petit être, quel cruauté diraient certains, c’est si fragile, si dur à reconstituer l’honnête pureté de l’espérance. Qu’ils sont rares ceux qui parviennent, une fois leur rancœur passée, à se reconstituer une complète confiance en eux-mêmes.
Elle y parvint.
Cette gamine malmenée par la vie, à nouveau elle trouva la joie. Sans se laisser abattre, sans perdre courage. Elle fit face. C’est ce qui résidait en son père durant ces dernières années. Voilà ce qu’elle ressentait, ce qu’elle voyait en Vicente.
L’espoir.
La sûreté d’un avenir, l’appui d’un amour. L’accréditation. Ses années de solitudes prenaient fin, elle serait heureuse, toujours à l’abris de ses bras protecteurs. Que penser ? Comment comprendre l’arrivée du trait brûlant qui lui déchira les entrailles ? Le destin peut être ? Le choix d’un dieu quelconque ? Une malédiction ? Pourquoi mourir ? Parce que tout être vivant meurt, c’est un cycle imperturbable, ça elle le sait. Mais pourquoi mourir seule, par bêtise ? Pourquoi mourir alors qu’enfin la vie lui présentait une joyeuse tournure, un avenir ?
La mort n’est qu’une circonstance comme une autre à laquelle chacun est confronté.
L’arrivée d'une balle en plein poitrine, l'arrivée d'e faux qui fend le fil. Ce n'est rien, rien de plus qu'une mort parmi d'autres. Cela, Ana le sait. Ce qu'elle ne peut s'empêcher de demander, c'est pourquoi? Pourquoi maintenant, pourquoi elle, pourquoi l'arracher au bonheur retrouvé?
Trahison. Encore, toujours. Car ils ne sont pas là les bras protecteur, ils sont loin, elle les voit s'éloigner encore et encore. Ils l'abandonnent. Et ses tout son amoure, toute sa confiance qui disparaît, se dissipe, comme sa conscience. C'est l'espoir qui coule hors de son corps à flot régulier. La vie ne vaux pas le coup d'être vécu. Les humains sont pourris, dégueulasses. Cette mort tant espérée autrefois, haï sur l'instant, n'est elle pas au fond bénéfique?
Voilà les dernières pensées d'une petite vie qui s'éteint, d'un fil si bref, si fragile qui se rompt.
Comment comprendre alors qu'on l'enlève à son environnement, comme si une fois de plus, la vie s'excusait de l'avoir meurtrie ? Pas de pardon. Plus de pardon. Dans la mort, chacun sait ce qu'il est et ce qu'il a vécu. Chacun peut songer. L'éternité est à disposition pour penser à ce qu'offrait la vie. Pourquoi la retirer à son éternité songeuse ? Que de cruauté se serait elle dit de son vivant...
Oui, mais à présent cela la laisse coite. Elle sait où vont les morts, elle sait ce que pensent les morts, elle sait ce qu'est la mort.
Elle est morte.
Mais eux ne savent pas. Ils ne savent rien, contraints par leurs passions, leurs désirs et leurs corps, dévoré par l'ambition. Ils ne savent rien au fond ce qu'est la vie... ni la mort.
Ana n'est pas un adorable petit ange. Elle n'a connu ni paradis, ni enfer. Elle a connu la mort et maintenant elle sait.
Ce qu'elle ne sait plus, c'est vivre. Car on ne peut vivre qu'en étant contraint physiquement et mentalement. Comment faire pour ressouder les barreaux de la cage, pour s'enfermer à nouveau et oublier son savoir ? Elle est perdue la pauvre enfant, elle ne sait que faire face aux émotions, aux sentiments et aux besoins. Elle pleure, elle pleure encore la perte de l'amour, la perte de l'espoir, et désormais, la perte de la liberté... Elle... elle pleure ? Oui, les regrets et les pensées ne suffisent plus, des larmes coulent sur ses joues, des sanglots s'échappent de ses lèvres, tout son petit visage exprime la douleur ressentie. Elle voit, elle entend, elle... elle est ! Mais pourquoi, pourquoi lui faire ça ? Qui ? La vie est à apprendre à nouveau !
III. Dans la vie courante[†] Style de combat : Elle mordait autrefois, désormais, elle sait qu’on ne lui cherche plus querelle.
[†] Relations :N’eut-elle pas comme chacun un père et une mère ? Non, ça elle ne s’en souvient plus, elle ne veut plus s’en souvenir. Mais si ! Elle avait un père ! Cet homme qu’elle avait adopté sans même lui en laisser vraiment le choix, car on ne choisit pas d’aimer, l’homme blond, solide comme un roc, qui jamais ne l’aurait abandonnée, qui l’aurait protégée de tous les maux. Cet homme ? Non. Qu’était-il lorsqu’elle l’avait retrouvé étendu, froid, pâle à ses côtés ? Un mort. Mais... Et les autres morts de la citée, car ils semblent morts les cadavres qui l’entourent à la cour, pourquoi ne gisent-ils pas à terre ? Vicente lui ne bougeait plus, pourtant il leur ressemblait. Ils sont morts, et leurs corps sublimés le confirment amplement. Ils sont si froids aux cotés de cet organisme plein de vie qu'est celui de la petite fille ! Pourtant elle le sait, ils ne savent pas ce qu’est la mort. Ils ont perdu leurs corps, sans jamais que leurs âmes ne quittent leurs dépouilles...
Non, personne ne sait, elle n’a aucune relation avec ces étranges non morts. Mais peut être... Comme il est doux cet être qui lui a ouvert les bras. Lui seul connaît le vide que laisse la mort dans l’âme. Lui seul aimait cet homme qu’elle pleure à présent, celui qui devait aimer à jamais, ne pas partir, ne pas la laisser, celui qui devait être là. Toujours là. Le Roi ? Quelle importance ? Lui seul connaît...
[†] Signes particuliers : Les yeux d’un adulte responsable, d’un être ayant vu beaucoup plus que ce qu’il n’était sensé découvrir.