Comme à son habitude elle erre, à la recherche de rien du tout et d'un tout. Marcher pour ne pas crever de froid, marcher aussi pour apaiser sa curiosité et combler son ennui.
Cela fait quelques temps maintenant qu'elle explore la ville à défaut de l'ile. Prisonière toujours de cet étrange lieux elle a finit par découvrir un trou au cours de ses inspections.
Est papillon qui veux.
Et quand on vit dans le dénuement, le Palais devient une dangereuse lumière.
Alivianne est curieuse c'est la son plus grand danger peut être son defaut.
Le hasard l'a prise sous son aile depuis son arrivée ici; encore une fois il lui offre un met d'exception.
Le raffinement d'un jardin à la française qui brille dans la nuit tel l'éclat d'une etoile ou le reflêt diamanté de la glace la plus pure.
Le Parc du château de la belle au bois dormant, elle parierait sa chemise qu'il surpasse celui de Versailles au temps de sa magnificence. Quoique non pas la chemise, il fait trop frois mais elle parierait gros, enfin pas trop non plus les rapaces ici sont bien trop voraces.
Elle en est donc à fouler la neige fondante, les yeux exorbités d'émerveillement, les pupilles dilatées pour capter plus de lumière, elle observe. En silence toujours, tout du moins autant qu'elle en est capable. Le loup rode en ces lieux, elle le sait, elle le sent.
On peut être curieuse et pour autant rester prudente.
Elle écoute aussi, autant attentive qu'enjouée.
L'ouïe vous sauve parfois la vie et les bruits environnants des fontaines forment une symphonie cristalline qui fait pétiller son esprit en même temps qu'elle la détend. Si ce n'était le risque elle se laisserait emporter.
Mais pour le moment, l'excitation de la découverte tout autant que celle enfantine de l'interdit la tient bien trop en eveil.
Oui, bien trop pour qu'elle n'entende pas ce cri.
Un cri, puis plus rien.
Un cri qui s'etouffe sur lui même.
Un cri qui s'étrangle
Avant même de savoir elle a su ou plutot ses inquiétudes se sont réalisées bien trop vite pour qu'elle fasse la difference.
Là devant elle un immortel saigne un homme alors qu'elle se retourne. Au milieu du chemin, tenant sa proie entre ses mains comme on étreindrait une amante, il se gorge.
Vision d'apocalypse pour son coeur qui manque un battement, et pourtant magnifique. Les fleurs du mal ont aussi leur beauté; une beauté horrible.
L'instant terrible rend la bête plus grande et plus effrayante. L'horreur lui fait faire un pas en arrière, espérant qu'il ne l'ait pas vue alors qu'elle sait cette hypothèse foireuse.
Tout comme l'idée de jouer à la course avec lui.
Respirer sans doute.
Inspirer en gonflant le ventre, retenir...puis relacher.
Retrouver contenance tandis que lui lève les yeux.
Ils sont face à face à une dizaine de mètres de distance.
Et elle ose
Oui, elle ose croiser son regard et y planter le sien.
Tout comme elle ose reperer ce filet carmin qui orne le coin de sa bouche.