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 Giovana Biudicelli

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MessageSujet: Giovana Biudicelli   Mer 2 Avr - 21:10

I. Renseignements généraux
[†] Nom : Biudicelli
[†] Prénom :Giovana
[†] Surnom :Gio
[†] Âge : 30 ans
[†] Race : humaine
[†] Lieu de naissance : Naples, Italie
[†] Parti : n’étant présente que depuis peu de temps, Giovana ne s’est pas encore posée la question de savoir s’il fallait qu’elle se rebelle ou non. Elle est donc loyaliste, malgré elle. Pour le moment...
[†] Statut : elle se trouve chez les nobles.

[†] Fonction : esclave sans acquéreur particulier pour le moment, Giovana a été choisie par les chasseurs pour ses talents en matière de création de parfums et de vêtements.

[†] Sentiments vis à vis des jumeaux et vampires:
L’état d’esprit de Giovana à l’encontre des jumeaux peut se résumer sous la forme d’un résonnement syllogistique.
Ce sont des vampires. Or ce sont des vampires qui l’ont enlevé, pour la réduire à l’état d’esclave. Donc les vampires ne lui veulent pas du bien. Ainsi les jumeaux ne lui veulent pas du bien non plus.
Seuls certains masochistes peuvent s’avérer capables d’aimer leurs tortionnaires. Or Giovana n’est pas masochiste. Donc Giovana ne porte pas les jumeaux dans son cœur.


II. Descriptions
[†] Description physique :
Regardez la donc un peu. Non, un peu plus à gauche. Non, derrière… Alors là ! Vous exagérez !e Giovana n’est pas celle qu’on aurait tendance à remarquer au premier regard. Il faut dire que son physique semble plutôt commun, surtout lorsqu’elle est entourée de femmes au physique de mannequin. Car Giovana est petite, c’est un état de fait. Elle atteint avec beaucoup de mal le mètre soixante et ne semble pas peser bien lourd. Oh,mais ne vous méprenez pas, ses bras, ses jambes, son corps en somme est plus musclé qu’il n’y paraît. Elle pratiquerait la boxe thaï depuis l’âge de ses 11 ans, ça, aide…
Malgré ses origines, Giovana est loin du stéréotype de l’italienne que l’on pourrait se faire. Certains se désoleront de constater à quel point elle a une petite poitrine, et des hanches à peine marquées (nous garantissons cependant que l’objet étudié n’est pas un travesti ou autre chose dans ce genre), d’autant plus que depuis quelques temps la femme porte des vêtements assez amples. Il s’agit pour elle de dissimuler son ventre autrefois plat, et de ne pas attirer l’œil sur cette rondeur évocatrice d’un début de grossesse.
En somme, Giovana a un physique d’une banalité presque ennuyeuse. La nature ne s’est néanmoins pas acharnée sur elle. Son naturel et sa simplicité font son charme. Giovana est élégante, que ce soit dans sa manière d’être, ou encore dans sa manière de se coiffer ou de s’habiller (encore heureux pour une créatrice de mode, me direz vous). Son visage, n’est pas totalement en reste. Certes, nous sommes loin du doux visage angélique. Giovana a le teint hâlé, des lèvres pleines, et un nez peut être un trop long. Mais ses cheveux sont naturellement noirs de jais, et ses yeux à la couleur de l’ébène. Ce même regard captive, est expressif, et est renforcé par ces longs cils et ces merveilleux artifices offerts par le maquillage. Giovana n’est pas de ces femmes que l’on remarque en premier, mais elle est quand même là.

[†] Description caractérielle :
A limage de son physique, Giovana est de nature discrète. Il s’agit là d’une femme qui aime à se retrancher derrière ses pensées. Elle ne parle que très peu, mais en général dit l’essentiel en quelques mots. Si la timidité en est peut-être la cause, il est certain que cet aspect de sa personnalité est le reflet d’une jeunesse oùil lui fallait souffrir, espérer et rêver en silence. Les pensées et ressentiments de Giovana sont retranscrits dans des carnets, ses seules béquilles. La femme apparaît donc comme une sorte de louve gardant farouchement ses petits. Loin d’être la bête apeurée, Giovana à tendance à se montrer prédatrice. Il s’agit, là encore, du résultat de son enfance dans un milieu difficile. Elle est méfiante, et fait confiance à peu de monde. Reine de la débrouille, elle a toujours eu l’habitude de s’en sortir seule et être aidée ne lui a apporté, à long terme, que des ennuis (qui de manière indirecte l’auront conduite jusqu’ici). Son arrivée en ces lieux ne risque pas de changer la donne de si tôt. A la méfiance s’ajoute l’envie de vaincre, la volonté et la détermination. Giovana ne change que rarement d’objectif, et, à tort ou à raison, espère qu’une solution peut se présenter à tout moment. Mais l’image de la femme forte n’est qu’une façade. Si Giovana peut faire preuve de courage, c’est bien souvent à ses propres dépends. A l’intérieur d’elle-même, elle est bien souvent le jouet du doute, de la crainte. Mais l’envie d’avoir un futur meilleur la pousse toujours à se surpasser. Au fond, Giovana ne demande pas grand-chose, seulement mener une vie tranquille.
Mais il y a des moments où la carapace se brise, où Giovana sombre au désespoir. Dans ces moments là elle se raccroche à n’importe quelle main, pourvue que d’apparence elle soit amie. La prudence et la méfiance dont elle a su faire preuve jusque là ne li servent plus à grand-chose, et c’est bien souvent dans ces moments là qu’il est le plus facile de lui nuire.
Le fait qu’elle soit imaginative et créative n’en étonnera pas beaucoup. Il s’agit là de conditions essentielles à la réussite dans son milieu. Reste à savoir si cette imagination et cette capacité de création s’étendent à la vie de tous les jours. Par rapport aux autres humains, Giovana a également un odorat plus développé. Il s’agit là d’un sens qu’elle a su aiguisé grâce à sa formation de nez. Et des personnes ayant fait de leur nez la base de leur profession, nous en conviendrons, ne sont pas ce qu’il y a de plus courant.
Docile et acceptant beaucoup de choses de ses proches, sous son apparence de glace habite en réalité un être fragile. Mais un être fragile qui peut s’avérer tôt ou tard prêt à tout pour pouvoir vivre libre et heureux. Dès lors la bonne question à se poser est la suivante : Giovana est-elle une bombe à retardement ?

III. Dans la vie courante
[†] Style de combat : Pratiquant la boxe thaï depuis l’âge de 11 ans, Giovana s’est se battre avec son corps et à les techniques pour y parvenir. Est-ce que face à un vampire cela peut s’avérer suffisant ? Rappelons que du fait de sa grossesse, Giovana risque de s’abstenir en matière de combat…
[†] Relations : En Islande, aucune il semblerait… En attendant, si elle recroise ce chasseur qui l’a fait sombrer dans ce piège, ça risque de chauffer un peu…
[†] Signes particuliers : Enceinte de 3 mois (envrion)

IV. En plus/


Dernière édition par Giovana Biudicelli le Mer 2 Avr - 21:20, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Giovana Biudicelli   Mer 2 Avr - 21:12

[†] Histoire:

[NB : des carnets de notes ont été retrouvés sur l’humaine lors de son enlèvement. Nous avons arraché les pages qui pouvaient s’avérer les plus intéressantes pour son potentiel acquéreur, si acquéreur il y a…]


23 février 2148

Je ne sais pas ce qui m’a poussé à ouvrir ce petit cahier pour écrire. Ecrire quoi d’abord ? Ma vie ? Mes pensées ? J’ai longtemps eu tendance à trouver le principe du journal intime ridicule. Mais quand on n’a personne d’autre à qui se confier, j’imagine qu’il n’y a pas d’autres alternatives…
Comme je ne sais pas par où commencer, je vais décrire ce que je vois de ma fenêtre. Le ciel est dégagé, pour autant on devine sans grand mal qu’il doit faire plutôt froid. Les gens sont emmitouflés de la tête aux pieds, seuls leurs yeux ne sont pas recouverts d’un pan de tissu. Cependant, il n’y a pas vraiment âme qui vive. Dans ce quartier les gens préfèrent traîner le moins longtemps possible dehors. C’est normal, par moments ça craint vraiment. Papa dit qu’au moins une personne dans chaque famille est en relation plus ou moins directe avec la pègre locale. Je me demande lequel de mes deux parents peut bien faire partie d’une mafia. Mon père, boulanger ? Ou ma mère femme de ménage? Peut être qu’ils l’ont employé pour nettoyer les scènes de crime qui sait? Si elle découvre ces lignes, je ne donne pas cher de ma peau… Plus sérieusement, je ne vois pas qui de mes deux parents pourrait appartenir à un gang. Ma sœur et moi sommes beaucoup trop jeunes encore. A bien y réfléchir, l’oncle Sergio qui habite à deux pas d’ici ferait un bon malfrat. Il a la tête à l’emploi, je trouve que c’est le parfait cliché du proxénète qu’on peut voir dans certains films…
Ici tout n’est pas toujours rose. On ne mange pas toujours à notre faim et maman s’inquiète de plus en plus de voir mon père se passer de moins en moins d’alcool. Lui au moins, quand il boit un peu trop, arrive à être insouciant. J’ai 11 ans. Pour certains ce n’est pas beaucoup. Pour beaucoup je suis encore un peu trop jeune pour comprendre. Pourtant, je vois et si je ne comprends pas je constate ! Je n’aie qu’à regarder un moment par ma fenêtre, observer ces rues dégueulasses, regarder impuissante ma mère qui pleure sur notre sort, désabusée, me regarder dans une glace et voir que je porte un pull qui est beaucoup trop petit pour moi.
Ma vie est un peu pourrie quand on y pense. Mais j’ai toujours vécu ici. Sans pouvoir réellement l’expliquer, j’aime notre maison miteuse, ma chambre sombre avec son papier-peint arraché. Je savoure l’instant présent, car je veux oublier le passé et j’ai parfois un peu peur de l’avenir…

8 mars 2148

Putain la tronche! J’ai mon œil tout enflé ! Tu parles d’une bonne idée ! Qu’est-ce qu’il lui a pris à maman ?
Hier soir elle a appris que la fille des voisins du dessus, qui a mon âge, s’est faite agressée par un tordu qui n’est même pas du quartier. Du coup maman s’inquiète, elle ne veut pas qu’il nous arrive la même chose sur le chemin de l’école ou lorsqu’elle nous enverra faire des courses. Et elle n’a rien trouvé de mieux comme idée que de nous envoyer chez le cousin Pedro.
Il a dix ans de plus que moi, il travaille comme routier et pour arrondir ses fins de mois il participe à des combats de boxe thaï. Paraît qu’il est fort et qu’il a une meilleure qualité de vie depuis qu’il fait ça. Y a qu’à voir comment il est taillé… Mais moi je ne suis pas Pedro, je suis toute petite et toute maigre. Bianca (ma sœur) par contre est une vraie teigne. Quelle conne, Pedro lui avait bien dit de retenir ses coups! Et moi me voilà avec un œil boursoufflé et un nez qui saigne ! En rentrant j’ai dit à maman que je ne voulais plus retourner chez le cousin Pedro. En retour, j’ai eu le droit à une paire de claques.
Sale journée, heureusement, j’ai eu de bonnes notes à l’école. Ma meilleure moyenne est en arts plastiques, le professeur m’a dit qu’il fallait que je travaille mon côté artistique. J’en ai parlé à papa, qui m’a aussitôt rétorqué que dessiner ne permettait pas de gagner sa croûte.

23 juin 2150

Les vacances arrivent enfin et me voilà punie. Je suis retranchée dans mes quartiers et je n’ai rien à faire pour m’occuper.
Je me suis battue. C’est pour cette raison toute simple que je me retrouve ici. Faut dire qu’elle l’a pas volé cette droite! Maman m’a sérieusement remonté mes bretelles. Mais qui a eu la génialissime idée que de m’envoyer apprendre la boxe thaï? C’est vrai que finalement, c’est une bonne chose que j’aille chez Pedro deux fois par semaine. J’ai appris à aimer ce sport et mon physique a changé depuis que je me suis mise à la boxe. Je suis moins maigrichonne, je commence à avoir des muscles en béton armé ! Bianca aussi s’en sort plutôt bien. Mais Bianca m’inquiète. Papa et maman la surveillent moins que moi parce qu’elle a 15 ans. Mais elle se laisse aller. Elle a arrêté les cours et travaille depuis le début du mois dans un bar. Officiellement c’est le genre de bistrots où papa se rend tous les dimanches, mais la vérité c’est qu’il s’agit d’un bar à cocktail, où les jeunes femmes sont plutôt dénudées pour des serveuses ordinaires, je trouve. J’en aie parlé à Bianca, elle m’a fait jurer de ne rien dire. Elle, ce qu’elle souhaite, c’est d’amasser le plus de fric pour se barrer d’ici. La manière l’importe peu. Bianca fait beaucoup plus âgée qu’elle ne l’est réellement et elle plaît aux hommes. Moi je la trouve immature et rêveuse, j’ai peur que les choses tournent mal pour elle…
Moi aussi je dois travailler cet été. L’ennui c’est que, venant d’un quartier difficile, dans les quartiers huppés on ne voudra pas de moi…

24 juin 2150 (matin)

Je viens de regarder le journal d’aujourd’hui pour voir s’il y avait des offres d’emploi pouvant m’intéresser. Un couturier de la ville recherche une petite main pour les deux mois à venir. Je crois que je vais tenter ma chance…

24 juin 2150 (soir)

Je suis prise ! J’ai encore du mal à y croire, mais ça y est ! Je vais gagner de l’argent et de manière honnête qui plus est ! Maman en a presque pleuré de joie, papa s’est contenté d’acquiescer, d’un air sceptique. Certes je ne suis pas très bien payée, mais quand bien même, je suis contente. L’ennui est que j’ai menti à mon employeur. Je lui aie affirmé que je savais coudre depuis maintenant quatre ans. D’ici lundi je vais devoir apprendre la couture intensément. Maman, pour une fois, n’est pas inquiète. Elle m’a dit qu’elle m’enseignerait tout ce qu’il y a à savoir. J’espère que ce sera assez…

15 juillet 2150

Cela doit faire vingt jours que je suis embauchée.
Je tiens bon, même si mon patron est sévère et n’est pas très causant. Depuis quelques jours, je passe mes journées enfermée dans une pièce, à coudre, faisant une pause le midi afin de me nourrir un peu. Mon patron ne m’a pas donné de réelles explications au sujet de mes nouvelles conditions de travail. Je suppose que c’est à cause des derniers évènements.
Il y a trois jours, une femme est venue dans la boutique afin de parler des croquis que mon patron avait faits pour une robe de soirée qu’elle avait commandé. Présente à ses côtés, je fus autorisée à examiner les croquis avec eux. La robe était belle, mais quelque chose me gênait. Je remarquai qu’il en allait de même pour la cliente. On resta là, pendant une dizaine de minutes, à regarder ce qui n’allait pas. Allez comprendre, mais j’eue alors comme une illumination. Le col n’allait pas. Timidement, je parvins à m’exprimer. Mon patron finit par me tendre un crayon et une gomme. Quelques minutes plus tard, j’achevais de dessiner mon col en V. La femme fut visiblement particulièrement satisfaite. Mon patron lui, acquiesça en silence, le regard sombre.
Depuis je reste enfermée dans l’arrière boutique.
Je repense à ce que mon professeur de dessin me disait. Il faut que je développe mon talent artistique. C’est bizarre, mais depuis cette après midi là, j’ai comme une envie de dessiner mes propres vêtements. Euphorique je me suis confiée à maman. Comme d’habitude, elle a tenté de réduire à néant mes projets. Il paraîtrait que c’est une voie sans issue, que je n’aurais pas d’avenir dans ce domaine. Ces mots m’ont mis hors de moi et je me suis mise à hurler. Je ne suis pas née dans le bon quartier, de toutes manières, quoi que je fasse je n’ai aucun avenir… Alors, je préfère me concentrer sur mes rêves…

28 août 2150

Cela fait des semaines que je traîne dans les parfumeries. Je discute avec les vendeuses et je sens les différents parfums qu’elles me proposent. Elles n’arrêtent pas de me dire que mon odorat est plus développé que la moyenne. Il n’est pas rare que je passe des heures entières à deviner les différents composants des parfums. A l’heure où j’écris, mon choix s’est arrêté sur un parfum frais, citronné. On m’a dit que ça convenait bien à une jeune fille de mon âge. Quand je suis rentrée à la maison, maman s’est mise à pâlir. Papa lui, est entré dans une colère noire. Selon lui, je viens de gaspiller une partie de mon argent. Heureusement qu’ils n’ont pas vu le magasine de mode que Bianca a bien voulu m’acheter… Bianca est la seule en qui j’ai réellement confiance. Je lui ai raconté mes désirs. Elle est la seule qui m’a soutenue. Heureusement qu’elle est là, elle me redonne espoir…

3 janvier 2153

Aujourd’hui j’ai 16 ans. Papa et maman m’ont promis qu’ils se cotiseraient pour m’acheter un cadeau. J’ai saisi l’occasion pour leur dire que la seule chose que je désirais, c’était qu’ils m’écoutent et, qu’à défaut de me comprendre, qu’ils acceptent mes choix. Je leur ai donc annoncé que cela va bientôt faire deux ans que je ne me sors pas de la tête l’idée de travailler dans le secteur de la mode. Cela n’a guère étonné maman. Papa lui, a failli bondir de sa chaise. Sa réaction ne m’a pas étonné, mais je ne me suis pas démontée. Je leur ai dit que j’en avais parlé avec des professeurs et une conseillère d’orientation. Eux aussi ont longuement insisté sur le fait que je ne choisissais pas une voie facile. Ils m’ont néanmoins donné quelques conseils que je vais plus ou moins suivre. Cependant, je pense continuer à travailler mes croquis et mes créations, puis de poursuivre des études pour devenir nez. Malheureusement on ne propose cette formation qu’à Rome… J’ai environ deux ans pour ramasser assez d’argent pour pouvoir poursuivre mon rêve…
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MessageSujet: Re: Giovana Biudicelli   Mer 2 Avr - 21:13

2 février 2154

J’accumule de l’argent, mais je suis sceptique quand au fait que cela puisse me permettre de payer à la fois mes études et un loyer. A la maison ça ne va pas. Papa est de plus en plus dépendant de l’alcool et maman passe des heures interminables à pleurer. Je veux vraiment partir d’ici, je me sens de plus en plus prisonnière. J’ai parlé avec Bianca, cela ne la dérangerait pas non plus de partir à Rome. Elle s’en sort mieux que moi pour avoir de l’argent. Il faut dire qu’elle emprunte des chemins pas toujours très légaux, à cause de ses relations. Bianca, c’est un homme dans un corps de femme. Ses « amis », l’ont certainement remarqué et on du se dire qu’elle pouvait certainement leur apporter une utilité plus grande que si elle se contentait de se prostituer. Je ne sais pas précisément ce qu’elle fait, mais à écouter ses dires elle n’aurait pas une place très importante dans le groupe, bien qu’elle ait connue une évolution assez inattendue pour une femme.

5 octobre 2154

Ca y est, cela fait un mois que je suis à Rome. Bianca a pu me suivre, sa nouvelle « famille » commençant également à traiter à la capitale. Je ne la vois que très peu. J’ai littéralement refusé qu’elle me présente à ses pairs, je ne veux rien avoir à faire avec eux. Je me suis simplement assuré que Bianca ne faisait rien de risquer. Je n’aimerais pas la voir tremper dans le trafic d’armes ou de stupéfiants. Finalement elle m’a avoué qu’elle exerçait un petit job de bookmaker. Bien sûr, les paris sont de temps à autres truqués, ou bien portent sur des domaines pas toujours très légaux (dernièrement, elle a organisé un combat de chiens à ce que j’ai pu comprendre). Pour ma part, parallèlement à mes études, j’ai trouvé un petit emploi dans une maison de couture du centre-ville. Je sais que mon nom ne va pas circuler tout de suite sur toutes les lèvres, mais qui sait ce que l’avenir me réserve ?
Devenir nez est très rare et n’est pas donné à tout le monde. On m’a dit que j’avais mes chances, mon odorat étant très développé. Mais le parcours est long, je ne suis pas prête de voir le bout du tunnel…

18 décembre 2159

Je n’arrive pas à croire que j’éprouve toujours le besoin d’écrire dans un carnet. J’arrive à la fin de mes études, il est temps pour moi de commencer les choses sérieuses. Malheureusement le destin ne joue pas en ma faveur. Le jour de mon entretien d’embauche pour entrer dans une parfumerie, il a fallu que je sois atteinte d’un rhume. Je n’aie pas fait bonne impression et mon potentiel employeur en a profité pour me glisser que de toutes manières j’étais encore bien trop jeune, qu’il me fallait plus d’entraînement pour faire un excellent nez. Cependant, je ne baisse pas les bras. Je vais me remettre plus sérieusement à mes croquis et à la couture et je commencerais à présenter mes créations.

23 mars 2161

Deux ans que j’ai finis mes études et j’en suis toujours au même point. Bianca me dit que sans piston je n’arriverais pas à grand-chose. Quand je montre mes créations, j’entends toujours les mêmes propos : « de l’idée, certes, mais ça ne marchera jamais ». Je savais que ce milieu était incroyablement fermé, mais tout de même !
Un ami de Bianca m’a dit qu’il connaissait des gens qui, moyennant paiement, pourraient parler de moi autour d’eux. J’hésite… Je ne veux pas commencer à jouer un jeu malhonnête, j’ai peur que cela n’en finisse jamais. Mais même si j’ai augmenté de grade (je dirige à présent une petite équipe), ce boulot ne me convient pas… Je vaux mieux et je le sais.

2 avril 2161

J’en aie marre. Cet après midi j’ai montré mes croquis à un patron d’une firme internationale et reconnue dans le secteur de la haute couture. Il n’a même pas regardé mes croquis avec attention. D’un air narquois il m’a dit qu’il valait mieux que je redescende sur terre. J’ai téléphoné à l’ami de Bianca. Il m’a rappelé plus tard dans la soirée. Ses relations vont pouvoir m’aider, mais pour cela il faut que je me rende à Paris. La plaie, je ne sais dire que « je t’aime » en français… Encore une chose à apprendre…

21 septembre 2161

Cette fois-ci j’y suis ! A moi la ville de l’amour, à moi la capitale de la mode! Le simple fait de me trouver à Paris me redonne un nouvel espoir. Je me sens si puissante ! J’ai l’impression que bientôt, toutes les femmes bien nées se précipiteront dans les magasins pour acheter des vêtements portant mon nom. J’ai eu un rendez-vous avec Monsieur Gustave Lenoir… Il s’agit de l’une des relations de l’ami de Bianca. Son frère est le directeur artistique de l’un des plus grands couturiers du moment. Il paraîtrait que ce dernier doit beaucoup à Gustave et que par conséquent il ne rechignera pas à m’accepter. Et si je donne de l’argent à Gustave pour qu’il achève de convaincre son frère, tout devrait bien se passer… La somme est bien rondelette, mais je devrais réussir à amasser assez d’argent grâce à Bianca.

1er novembre 2161

Je peux remercier Bianca… Elle accepte de me prêter de l’argent et cette après midi j’ai pu payer Gustave… de quoi annuler les dettes de son frère, à ce qu’il m’a dit. Je suis contente que cette histoire d’argent soit réglée, mais je suis mal à l’aise. Gustave n’a pas omis de me dire que je lui devais ma carrière, moi aussi. Que voulait-il dire par là ? Je lui aie donné son argent et j’espère ne plus jamais être confrontée à lui. Qui sait ce que des types comme lui pourraient me vouloir ? Dorénavant il faut que je recommence à ne compter que sur moi. Je vais me faire remarquer et une fois que j’aurais un CV en or, je postulerais chez un autre couturier.

22 mars 2164

Il est enfin arrivé ce jour merveilleux ! Maurice Lenoir, allias mon supérieur hiérarchique, a enfin accepté de jeter un coup d’œil à mes créations ! Il m’a dit que j’avais du potentiel à revendre, mais qu’il fallait que je me « lâche », un peu plus. Nous avons passé la soirée à discuter et j’ai pu recevoir tout un tas de conseils. A l’issue de notre entretien, il m’a dit qu’un poste supérieur au mien m’attendrait peut-être. Il faut que je redouble d’efforts pour pouvoir un jour imposer mes créations. Serais-je en train de rêver d’être calife à la place du calife?

26 septembre 2166

Ma vie a enfin changé. Une chance pour moi, Maurice fait du moins bon travail qu’avant, tandis que moi, pour ma part, je continue de m’améliorer. Je n’ai pas hésité à faire circuler mes croquis auprès de ceux qui feront la pluie et le beau temps dans notre milieu. Ils ont fixé un ultimatum à Maurice. Si ces créations continuent d’être insatisfaisantes, je le remplacerais et ce sera moi qui m’occuperais de la prochaine collection. C’est triste à dire, mais je croise les doigts pour que ça marche pour moi. Depuis quelques semaines une nouvelle personne est entrée dans ma vie. Il s’agit de Benjamin. Je l’ai rencontré par hasard, dans un café. Nous nous sommes mis à discuter ensemble puis avons sympathisé. Je ne sais pas si notre relation va être durable, mais je pense qu’il est possible que nous construisions un avenir ensemble. En revanche, Bianca m’inquiète. Depuis que je gagne mieux ma vie elle dépense tout son argent aux jeux. J’aimerais bien qu’elle arrête un peu, car quelque chose me dit qu’elle doit de l’argent à d’autres personnes. Pourvu qu’elle se tienne loin de Gustave Lenoir! Déjà qu’il ne doit pas me porter dans mon cœur à cause du fait que je risque de remplacer son frère…

28 décembre 2166

Ca y est… la décision est tombée. Je vais être la nouvelle directrice artistique, désormais ce sont mes créations que les mannequins porteront lors des podiums, ce sera mon nom qui apparaîtra dans les magasines de mode. Je peine à croire que j’ai enfin réussis à réaliser mon rêve. Je suis heureuse, euphorique. Une fois que Benjamin sera rentré, nous fêterons ça, avec du champagne ! J’aurais tellement aimé que mes parents soient encore de ce monde pour fêter cela avec nous…

(Plus tard)

Benjamin dort, il est bientôt deux heures du matin. Mon bonheur est bien vite retombé, bien que j’ai tenté de ne rien laisser transparaître. Aux alentours de vingt heures, le téléphone s’est mis à sonner. A l’autre bout du combiné, j’ai pu entendre la voix de Gustave… Dès lors je n’ai pas arrêté de me justifier. Ce n’était pas ma faute ! Si ça n’avait pas été moi qui l’avais remplacé, quelqu’un d’autre l’aurait fait. Mais visiblement mon interlocuteur de contre fichait de cela. Au contraire, il semblait presque heureux d’annoncer à ses « amis » que son frère ne faisait plus parti de ce milieu de « tapettes » (selon ses propres termes). Cependant, le fait que ma sœur (comme je l’avais craint) lui doivent de l’argent depuis des mois l’irritait, d’autant plus que cette même sœur était semblait-il introuvable. Le marché de Gustave fut clair, si je remboursais les dettes de ma sœur avec quelques intérêts, il oubliait que c’était moi qui remplaçais son frère. Dans le cas contraire, la seule chose dont je suis certaine, c’était que j’allais avoir des problèmes…

29 décembre 2166

A peine arrivée au sommet que j’ai déjà l’impression de tomber en enfer. Effondrée je fus forcée d’expliquer la situation à Benjamin. Il était tellement blême que je me suis demandée s’il n’allait pas s’évanouir. J’ai peur de sa réaction…
Au boulot je fais comme si j’étais enfin heureuse et épanouie. En vérité je voudrais m’enfuir. Heureusement, mon nouveau travail me plait. Je prépare la prochaine collection. Cela risque d’être compliqué, le défilé étant prévu dans quelques mois seulement, mais je relève le défi. Ma formation de nez va enfin me servir ! Pas plus tard que ce matin, j’ai annoncé à la presse qu’un nouveau parfum était en préparation. J’ai déjà choisi les différentes tonalités. Il s’agira d’un parfum ambré, destiné aux trentenaires, parfait pour les soirées avec une ambiance feutrée.
Mais vers la fin d’après midi, Benjamin m’a téléphoné. Il m’a annoncé qu’il voulait prendre de la distance, qu’il ne voulait pas être mêlé à toutes ces histoires louches… J’ai le cœur brisé, mais je ne peux pas lui en vouloir.

15 février 2167

Cela faisait quelques temps que je n’arrêtais pas d’avoir des nausées. J’ai fini par faire un test de grossesse, machinalement… celui-ci s’est révélé positif. Je suis enceinte… Mais depuis combien de temps ? Si seulement je savais où contacter Benjamin ! Je suis sûre que l’annonce de ma maternité pourrait le faire revenir. Gustave m’a lancé un ultimatum. Il me reste encore dix jours pour réunir l’argent… Je pense pouvoir y parvenir, mais ça va être difficile. J’ai eu un appel de Bianca il y a deux jours. Elle m’a dit de ne pas m’inquiéter pour elle, mais elle doit rester cachée. Je commence à être lasse de toutes ses histoires. Une fois que le défilé sera fini et que j’aurais remboursé Gustave, je pars en vacances…

20 février 2167

Vers vingt heures trente, à la sortie du boulot, un type est venu m’aborder. C’était bizarre, il agissait avec discrétion, comme s’il ne souhaitait pas que nous soyons vus ensemble. Il s’est présenté comme étant un fan invétéré de mode et plus particulièrement de la marque pour laquelle j’allais créer et a cherché à soutirer quelques informations concernant la première collection que j’allais présenter ainsi que le prochain parfum de la marque. Au départ j’avais décidé de l’ignorer. Mais tout le long du trajet il s’est montré insistant, voire intentionné vis-à-vis de moi. Il voulait que je lui parle de mon passé, de mon parcours, de la manière dont j’étais arrivée jusque là. Ce type étrange réussit à me faire hésiter. Il se montra plus insistant encore. J’ai fini par lui donner rendez-vous le 23.

23 Février 2167

La journée a été mouvementée, je dois avoir une volonté de fer pour ne pas craquer! J’ai enfin pu réunir tout l’argent destiné à Rembourser Gustave, autant dire que j’attendrais encore un peu avant de changer d’appartement. Je croyais toute cette histoire réglée une bonne fois pour toutes et je dois bien avouer que je me suis trompée. Je n’arrive toujours pas à comprendre comment ils ont fait, mais Gustave et ses hommes savent que j’ai eu des contacts avec ma sœur dernièrement. Ils ont l’air de lui en vouloir bigrement, car l’argent semble t-il ne suffit plus. A présent, ce qu’ils veulent c’est l’endroit où elle se cache. Dites moi, pourquoi dans ce genre de situations on ne vous croit jamais lorsque vous répondez que vous ne savez pas? Je ne suis pas du genre à avoir un tempérament d’héroïne. Jouer, à Wonder Woman non merci. Mais visiblement Gustave et sa famille ne sont pas prêts de m’oublier. En rentrant chez moi, je me suis rendue compte que j’avais un message vocal. « Si vous ne nous dites pas où se trouve votre sœur, nous vous utiliserons pour la débusquer. Si vous ne nous servirez à rien, nous trouverons un moyen pour vous faire disparaître de la surface ». Mon cœur n’arrête plus de palpiter. Je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie. Qui sait ce que ces hommes pourraient me faire? Et mon bébé ? Bianca, dans quelle merde m’as-tu foutu?
Je ne peux pas prévenir la police. Ils seraient au courant de mes étranges transactions et je ne veux pas que cela me porte préjudice…
Cette histoire a failli me faire oublier mon rendez-vous. Je ne pris ni le temps de m’habiller correctement, ni de me maquiller. Mon interlocuteur, dès lors que j’arrivais dans ce bar miteux et désert compris aussitôt que quelque chose n’allait pas. Je n’arrive toujours pas à expliquer pourquoi j’ai agi ainsi devant un inconnu, toujours fut-il que j’ai littéralement fondu en larmes. J’ai passé le reste de la soirée à lui raconter ma vie, puis lui parler de mon parcours et enfin de mes problèmes avec Gustave. Pour la première fois je reçue une oreille attentive. Il me consola, me rassura. Intriguée par une telle personnalité, j’ai tenté d’en savoir plus sur lui. Je suis déçue, finalement, je n’ai pas appris grand-chose de lui à part le fait qu’il travaille dans l’import export de produits rares et que son lieu de résidence est l’Islande. L’Islande ? Avec ce que l'on raconte comme étrangetés, ce n'est pas vraiment l'endroit où je souhaiterais me rendre... De toute façon, ce n’est pas une destination qui me branche.

26 février 2167

Ca y est. Le défilé s’est achevé il y à quelques heures. J’ai remporté un franc succès. Je songe déjà à ma prochaine collection. Mais pour l’heure, je préfère me reposer. Je n’ai toujours pas guéri de la blessure occasionnée par le départ de Benjamin et Gustave et sa bande continuent de me faire peur avec leurs menaces régulières. Je ne voudrais pas qu’ils s’en prennent à moi. Je vais partir. Où ? Je ne sais pas encore. Combien de temps ? 1 mois environ. Il ne faut pas que j’oublie de travailler ! Je n’emporte que quelques affaires. Je verrais bien à la gare pour quels trains il reste encore des places. J’ai prévenu tous mes collègues, histoire qu’ils ne s’inquiètent pas si je ne répondais pas au téléphone. J’ai également prévenu l’inconnu. Il m’a dit qu’il repartait également pour l’Islande dans la soirée.
Il est bientôt l’heure, je vais partir. Mais rassurez vous mes chers carnets, je vous emmène avec moi… Il est hors de question que je vous quitte…

[NB : L’humaine n’a pas eu l’occasion d’écrire depuis. La suite est simple. Le chasseur, profitant de ses problèmes avec la pègre et du projet de voyage du sujet, a pu la ramener avec lui sans se soucier d’être au cœur des soupçons…]
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Nicolas de Valombre
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MessageSujet: Re: Giovana Biudicelli   Jeu 3 Avr - 15:13

Pour ma part, c'est tout, bon, rien à dire, j'ai lu l'histoire d'une traite sans jamais m'ennuyer!

Bienvenue en Islande jeune fille!

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Giovana Biudicelli

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