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 Cocon ouaté de réflexions... éclairé(es)? [PV: L'Ouroboros]

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Raziel
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MessageSujet: Cocon ouaté de réflexions... éclairé(es)? [PV: L'Ouroboros]   Lun 25 Fév - 1:09

De la soie...
C'est doux, c'est caressant, et la peau frémit sous ses ondulations sinueuses...
S'enfoncer, comme dans un ventre de femme, se laisser submerger...
L'eau comme le feu lave les péchés.
Lavez-moi alors...
Enlevez-moi ce dégoût de moi-même que cache maladroitement une grossièreté vaine, habillez-moi de nacre et de corail, faîte-moi sirène de vos espoirs et je chanterais mieux que quiconque...
La beauté impétueuse des flots, le vent frais au goût de sel que le large laisse sur la langue, sur les lèvres, comme une saveur d'horizons trop grands pour un être à ce point ridicule et...
petit, si petit...
L'acrobate se dépouille de ses atours superficiels, superflus et enfin se glisse dans cette chaleur liquide qui l'enveloppe, qui le protège et le réconforte...
NU

Nu et nue...
Mais quelle importance après tout?
Neigeuse, non loin, assise dans toute sa noblesse de jument dressée nullement enchaînée regarde sa maîtresse glisser dans les flots tout en surveillant les affaires de l'hermaphrodite restées sur son dos.
Son souffle embué vient se perdre avec les vapeurs brumeuses du lac, cocon ouaté, chrysalide de mystère pour un papillon qui n'est pas prêt encore...
Pas prêt à accepter, à assumer...
Sa liberté.

Il repense à toute cette histoire, cette réunion...
Dérision
Un sourire vient étirer sa lèvre avant qu'un rire s'immisce à l'intérieur de cette bouche puis s'en échappe, léger rouge gorge qui en trilles légères et mélodieuses laisse retentir sa joie retrouvée.
Elle rit des autres...
Mais surtout elle se rit d'elle.

Quel ridicule alors, quel orgueil, quel mépris...
L'habitude d'arborer ce masque lui a permis sans même contrôler son personnage d'endosser son rôle, revêtir son costume d'apparat...
Qu'il est triste son apparat...
N'est-ce pas?
Elle le sait, elle le sent...
Elle-même.
Car ainsi est-elle, en cet instant hors du temps...
Loin des vampires, loin des complots, loin de tout ce qui l'attache à cette terre, loin de tout ce qui l'arrache à cette vie qui lui est si chère.
Elle se souvient les fragrances suaves et amères des embruns qui déposaient leurs secrets à ses pieds, venaient entourer sa cheville bien trop fine, l'enlacer et tracer à même ses chairs les méandres de liberté, comme un boulet au fer forgé d'Idéaux, de luttes, de courage et de volonté, comme une lourde chaîne... si lourde... et si difficile à porter... à porter puis à traîner...
Se battre pour les autres...
est-ce un moyen d'oublier que pendant ce temps on oublie justement de combattre pour soi-même?

Regarde ce que tu en as fait de ta si précieuse liberté...
Tu l'as jetée aux orties, tu lui a craché à la gueule comme à la dernière des putes, comme à la plus misérable des catins...
Et qu'est-ce que les riches ont à t'offrir alors?
Pas même un quignon de pain!
Ils prennent, toujours, toujours plus...
Prendre...
Ne jamais se laisser prendre.
Pénétration, violation.
Intimité brisée...

Tu sais, Raziel...
Ce n'est pas en méprisant le pauvre et la vie que lui impose, l'extrême dans lequel le pousse le dénuement que toi-même tu en paraîtra moins misérable... C'est trop facile... bien trop facile. Salir les autres parce que soi-même on n'a pas les moyens de dépoussiérer nos hantises et nos peurs, faire le tri dans nos vieux cartons amassés et jeter les souvenirs qui vous alourdissent le coeur, pèsent sur les ailes de votre âme goudronnée... C'est bas. C'est vil. C'est méprisable. C'est...
Petit.

Petit...
Ce n'est pas ainsi que tu dois agir si tu veux être grand mon enfant...

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Ouroboros
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MessageSujet: Re: Cocon ouaté de réflexions... éclairé(es)? [PV: L'Ouroboros]   Sam 1 Mar - 21:19

Après la réunion, l’ouroboros avait grand besoin de se calmer, de se délasser, de se laisser aller. Le dehors étant trop dangereux, les vampires faisant frémir le peuple. Aussi l’homme de blanc vêtu n’a d’autre lieu de repos que le siège de la résistance et ses nombreuses salles. Le lac souterrain, voilà bien longtemps qu’il le connaît, et seul ceux qui ont eu le courage de parcourir de long en large le dédale que forme ce lieu de rendez-vous le connaissent. Il est rare d’y trouver du monde, aussi l’ouroboros se laisse aller, toujours pieds nus, ayant ôté toutes fleurs de ses cheveux, desserrant ses vêtements de sorte a être plus a l’aise, paraissant soudainement bien plus masculin que pendant la réunion. Mais qu’importe, personne ne le suit et personne ne l’attend. Et si rencontre il y a, il ne craint pas le regard des autres… La journée a été bien trouble, et avec impatience il attendait à présent un moment de calme complet pour pouvoir se reposer.

Ses doigts glissent sur la pierre des murs, sa voix chantonne un air méconnu à bien des hommes, empreint des tons les plus sombres de sa voix. Une marche mortuaire croiront certains, une simple ballade diront bien d’autres. Mais qui sait ce qu’est cette chanson ? Seul lui. Une comptine, enfantine et simplette qu’il se plaît à murmurer entre les murs du couloir, des mots qui viennent se fracasser contre la pierre. Qu’il fait sombre, noir. Comme l’âme de l’ouroboros. Non pas qu’il soit d’humeur maussade. Tout est flou dans sa tête, il semble être éclairé, mais se rend compte que finalement, sa situation est aussi incertaine que les autres… Il tâtonne dans le noir, pense se heurter a un mur alors qu’il touche une porte. Alors il continue de tourner en rond, inlassablement. Pas comme un lion en cage. Comme un homme qui cherche des empreintes, une piste. Mais une piste de quoi ? Des pistes il en trouve. Mais pas celle qu’il veut. Alors tant pis. Les eaux du lac s’offrent à son regard. Tiens, la surface en est troublée… Quelqu’un ?

L’homme de kaolin reste en retrait, mais visible, retenant sa respiration. Un cheval dans un coin, des habits qu’il a déjà vu. Une connaissance ? Non, rien ne lui vient en tête. Puis là… Des cheveux rendus noirs par l’eau, mais qu’il sait rouge. Des yeux d’un noir qui se veut avili, mais qui n’est que perçant. L’ouroboros a un hoquet de surprise,e t pensait trouver là tout le monde, sauf lui. L’enfant. La réunion paraît loin, et voilà que l’ouroboros a oublié comment ce comporter avec le damoiseau. Comment lui parler, l’aborder. Alors il reste planté là, droit, tendu, entre ombre et lumière.


« Oh… »

Surprise amère, attente redoutable. Voilà un tête à tête que l’ouroboros aurait voulu éviter. Syllabe unique, mais qui veut tout dire de l'état de l'individu de blanc paré.

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MessageSujet: Re: Cocon ouaté de réflexions... éclairé(es)? [PV: L'Ouroboros]   Dim 2 Mar - 0:48

"Oh oh..."

Suite logique, logique improbable...
Un son, puis deux... ne dit-on pas jamais deux sans trois?
Les arabesques que son corps, que son coeur dénudé tracent en sillon, en pulsation brumeuse dans cette mélodie de silence ouatée, à même l'onde des non-dits que l'on trace, que l'on contemple dans l'atmosphère tendue et surchargée... Le filet dénué de son qui s'échappe de ses lèvres fines vient se perdre dans l'amas déjà important de nuages entourant sa silhouette juvénile.

L'Ouroboros voulait éviter cette rencontre.
Raziel lui aurait tout préféré plutôt que rencontrer qui que ce soit en cet instant.
Nu...
Oh, mais nu cela voulait dire...
S'offrir, souffrir, tête sur le billot. Révéler son identité, jeter à bas masque et couverture, violence inquisitrice et arrogance factice. Il ferme les yeux, pour que le rideau cache la scène d'ébène où se trame le dessein secret, le dessin mystérieux de ses doutes et ses peurs qu'il pensait abolis. Moins bien, tellement moins bien disciplinés que sa fougueuse neigeuse, au grand galop ils s'en reviennent la... non le... non la... lala lela... lea...lae... hanter.
Une seule lettre qui change, et Raziel se prend la tête dans les mains (et se prend la tête tout court _au moins cette chose est-elle définie, quoique l'esprit qui habite ce crâne osseux le soit nettement moins...)
Mais non, il ne faut pas flancher, jamais ciller... comme ce regard que cache les draperies de ces paupières tombantes, blanc duvet qui soudain se lève et laisse apercevoir deux prunelles...
Deux prunelles pour un personnage.
Quel vers déclamer, quelle représentation donner pour détourner l'attention du spectateur de l'acteur, le centrer sur le costume, la parure arborée, les murailles érigées afin que les yeux d'Anne, ma soeur Anne, de loin le voit venir...?


"Alors, déjà enfui...? Vous avez été bien preste à me retrouver..."

L'ironie, timbre habituel comme sombre bijou pour une voix sans cela tellement plus sincère et brillante... elle coule, transpire, suinte, comme quelque reflet liquide venu teinter son langage depuis les obscures profondeurs d'une conscience trop prompte à se protéger. Le sourire, goguenard, un brin insolent, comme une mauvaise peinture qu'on étale, qui déborde, déforme les traits en un rictus trop prononcé pour être vrai, s'affiche et accentue la pointe de cynisme qui en sourdine sert de trame de fond à ce piteux canevas d'un triste destin.
Et puis, sans qu'on l'attende...
Une question.
Sans intérêt peut-être, sans méchanceté certainement...
Une question dictée par la seule curiosité d'un enfant, sans volonté malsaine.


"La réunion s'est bien passée?"

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MessageSujet: Re: Cocon ouaté de réflexions... éclairé(es)? [PV: L'Ouroboros]   Dim 2 Mar - 15:03

Peut être que s’il s’était tut, il ne l’aurait pas remarqué. Peut être que oui, peut être que non. Quoi qu’il en soit, le passé n’importe pas, et le présent est plus important car c’est lui qui construira le futur… L’enfant reprend la litanie de l’ouroboros, qui s’en trouve contrarié. Ses sourcils se froncent légèrement, ses lèvres se pincent, ses mains se joignent sur ses cuisses. La brume de ce lieu le camoufle, mais masque aussi l’infantile paon qui ricane, à l’abri du regard de l’ouroboros, qui n’ira toutefois pas le chercher pour s’expliquer, se suffisant d’observer de loin le lion qui tourne, grogne et attend le moment propice pour bondir. Le silence pèse, chacun détourne le regard. L’un ferme les yeux, l’autre regarde ailleurs.

L’ouroboros se risque à faire quelque pas, sentant à présent l’eau chaude sur ses pieds froids, longeant toutefois les rives du lac que plutôt s’y enfoncer. Un geste nerveux de la main trahira le fait qu’il soit irrité par les dires du jeune homme, et un claquement de langue suffira pour signaler qu’il ferait mieux de se taire. Toutefois, si Raziel ne se tait pas, l’ouroboros ne lui ferait toutefois rien. Alors pourquoi se tairait-il ? Et pourquoi l’homme de kaolin ne s’en va pas, s’éloignant ainsi des foudres polissonnes de l’enfant ? Parce qu’il se sentirait petit, certainement. Toutefois il faut savoir fuir parfois. Mais pourquoi fuir devant un enfant ? Alors l’ouroboros reste, les pieds traînant dans l’eau tiède, marchand sans entrain, jaugeant celui qui de par sa présence l’obsède. Oui, c’est bien ce mot. Obsède. Qui est-il pour ainsi dénigrer les autres, les piétiner ? Le voilà qui rouvre la bouche. Alors l’ouroboros se crispe, s’apprête à, cette fois, ce montrer perfide, car lui aussi se complaît à être enfantin parfois.

Finalement, ce n’est pas du venin qui jaillira de la bouche du damoiseau, mais une innocente question. Voilà l’ouroboros qui rougit de s’être un instant laissé piéger. Manquerait plus qu’il rentre dans son jeu, lui qui se doit de guider, d’écrire une histoire… Alors un instant il se tait, se baisse pour ramasser un galet, et le lance pour faire quelques ricochets.

Un, deux, trois, plouf.

Silence.


« La réunion s’est passée exactement comme ce ricochet. Un, deux, trois rebondissements, puis plus rien. Votre manque de délicatesse est le plongeon. »

Un regard direct, non pas hargneux, bien sûr peu sympathique. Sa voix ne reste neutre, mais son visage est crispé, bien qu’il se détende après. Ne pas se mettre en colère, cela lui donnerait de quoi répondre. Mais pourquoi ne pas montrer un peu plus de joie… L’ouroboros, sais-tu sourire ? Non pas le sourire qui parfois t’échappe, ridicule et peu profond. Un vrai sourire…

[Pas possible de faire plus ou mieux u_u' Désolé si ce que j'écris ne te donne beaucoup à répondre...]

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MessageSujet: Re: Cocon ouaté de réflexions... éclairé(es)? [PV: L'Ouroboros]   Dim 2 Mar - 21:22

"Un plongeon, un grand saut..."

Serait-il fumeur qu'une exhalaison nocive s'échapperait de ses lèvres pour venir accentuer d'un parfum empoisonné des propos déjà suffisamment agressifs et provocateurs...
Mais seule fuit la brume, comme un tapis de songes que l'on foule, que l'on écrase, que l'on écarte, que l'on déchire puis que l'on coud à sa juste mesure...


"Vous aussi vous faîtes partie de ces couards qui n'osent pas... le changement, l'inconnu, ça vous dépasse... Non, vous préférez foncer tête baissée dans la direction qu'on vous a indiquée. Pathétique. Vous voulez sauter sans parachute avec la bande d'imbéciles? Je vous en prie. Moi je préfère préparer mon vol et ne pas m'écraser plutôt que finir disloqué ou égorgé."

Et toujours ce même foutu sourire.
Ce même foutu sourire qu'il a perdu, qui l'a déjà perdu...
Pendant quelques instants, il n'a pas ponctué ses propos, caricaturé l'expression d'un personnage mal dégrossi que l'hermaphrodite campait d'un esprit s'illusionnant fort et ferme.


"Ne m'accusez pas de vos faiblesses, ne me targuez pas de vos torts. Vous êtes sous-chef non? Il ne tenait qu'à vous de relancer les... hostilités? Moi que suis-je à côté? Une pièce moins importante sur l'échiquier. Peut-être un pion, peut-être un cavalier, cela reste à déterminer.
Mais vous...
Vous..."

Un seul mot qui traîne, comme une putain dans sa traîne mal adaptée, courtisane en robe de mariée...
Ce vous, comme un prémisse, comme une évocation pour d'autres augures...
Ce vous, comme une accusation, une condamnation.
Ce vous, suivi de...
Ce silence.
Comme une empreinte qui laisse tout imaginer, le chemin de tous les hasards, la grève de tous les possibles.

Ce n'est pas lui le lion qui tourne...
C'est l'Ouroboros qui ressemble à un prédateur qui attend...
Qui glisse sans se hasarder jusqu'aux flots, ennuie, agace, se replie tout en restant à la lisière...
Lisière de mots, frontière de fausse courtoisie, d'hypocrisie puante...
Allez, viens prendre un bain mon grand, toi aussi t'en as bien besoin..
Il n'y a pas que moi ici qui sois las et souillé.

Le grand plongeon...
Que vas-tu oser? Que vas-tu hasarder?
Que vas-tu oser hasarder...?

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MessageSujet: Re: Cocon ouaté de réflexions... éclairé(es)? [PV: L'Ouroboros]   Mer 5 Mar - 15:20

Chacun veut mordre, traîner l’autre dans la boue, mais quelque chose les retient. Non pas de la peur, dans ce monde, la peur n’existe plus, et seul reste la couardise survit. Non, c’est une sorte de… De civisme qui les empêche de se jeter l’un sur l’autre. Ce ne serait pas très bien vu que tout deux se bagarrent pour trois fois rien, diront les autres. Exact, l’honneur, ce n’est rien. Les hommes de cette terre maudite sont écrasés, réduits en cendre, bouffés par les parasites. Ce ne sont plus des hommes… Et ils n’ont donc plus d’honneur, n’est ce pas ? Les animaux ne sont rien ! Ils ne sont que du gibier, et doivent se comporter comme tel ! Pourtant, quelque chose les retient de s’entretuer. Quel tas de misérables… Des avortons qui ne valent plus rien et qui, toutefois, ne peuvent se l’avouer. Alors tout deux se jaugent, se prennent de haut, alors qu’ils seraient plus forts, main dans la main. Mais c’est trop demander, oh oui, bien trop ! Tout deux préfèrent défendre l’illusion d’un honneur depuis longtemps évaporé. Une illusion que Perle défendra, sans se rendre compte qu’il est dans le faux. Sans vouloir s’en rendre compte. D’un geste de la main il stoppe le chant de Raziel. Vous, vous… Et lui alors ! Et lui, fait-il quelque chose pour les aider ! Ah ! Qu’il est facile de critiquer alors que l’on ne fait rien ! Qu’il est simple de semer la zizanie, mais qu’il est difficile d’ensuite remonter une machine qui s’est cassée…

Perle fait quelques pas en avant, sa voix est forte et ferme, son visage crispé et étrangement adulte. Non, pas adulte. Vieux. Sa pâleur de fleur devient teint maladif, ses yeux si beaux deviennent souffrants, ses traits si doux se crispent faisant apparaître quelques rides sur son visage. Lui, agir la tête baissée ? Lui, qui ne cesse d’échafauder des plans minutieux, de chercher subterfuge, qui s’échine à rendre la vie de ses congénères meilleurs, devenant fou de ne jamais trouver de solution adéquate ?


« Vous. Moi au moins je suis quelque chose. Je représente quelque chose. Et vous, vous êtes quoi ? »

Cette fois, l’ouroboros ne tourne plus en ronde. Il s’approche, petit à petit, tout droit, accompagnant ses paroles de quelques mouvements brusques, rendant ses propos plus vifs, touchants, cruels. Ce doigt qu’il tend vers ce petit enfant maigrichon, comme il est accablant ! Il le montre du doigt, montre qu’il est seul. Tout seul. L’ouroboros aussi est seul. Mais il y a solitude et solitaire. Il y a pouvoir et il n’y a rien. Raziel, tu n’es rien, car le pouvoir est tout !

« Et vous, petite chose, vous osez, parasite ! Vous initier dans un corps, faire croire que vous en faites partie pour mieux le mettre à terre ! Vous n’êtes que vermine ! »

L’eau lui arrive à présent à la taille, ses épaules légèrement voûtées pour mieux écraser l’enfant le rendent plus puissant. Où est passée la femme qu’il était, qu’il se plaisait à jouer, à être ? Car ce n’est pas avec la douceur d’une demoiselle qu’il s’adresse à Raziel, mais avec la force brute d’un homme. L’ouroboros continue de s’avancer, parlant toujours, cherchant à défendre ce qui n’existe pas. L’honneur…

« Une vermine ! Un parasite ! Il n’y a rien de pire que ce genre d’individus, car ils ont la force d’entrer dans un corps sans que l’on s’en aperçoive, l’affaiblissant par sa présence, avant de, comme un être avili et mesquin, le tuer sur le coup ! »

Oui, Raziel n’est qu’une larve rampante qui a fait capoter une bien belle machine, en, par des réflexions toujours plus houleuses, a détruit un semblant de réunion. L’ouroboros aime l’ordre, ce qui est établi et bien beau, et Raziel a fait désordre. L’enfant a fait une tache sur la jolie nappe, et l’adulte ne l’a pas supporté. Alors l’adulte le gronde, le menace. La température de la pièce semble se refroidir tant l’ambiance est tendue. L’ouroboros n’est qu’à quelques mètres de l’homme aux cheveux de feu, n’osant plus progresser. Car s’il se rapproche, il s’affolera et fera sûrement un faux pas. Prudence est la mère de couardise. Finalement, l’ouroboros n’est pas différent des autres hommes. Il crie, vocifère, veut être supérieur, n’aime pas qu’on lui reproche ce qu’il refuse d’être, bien que cela soit son essence. Imbécile ! C’est en voulant faire l’ange qu’on fait la bête, immonde et noire.

« Tu ne voleras pas ben loin, jeune enfant, car je te jure que je ferais tout pour te briser les ailes. »

Et toi, Raziel… C’est en faisant la bête que l’on est ange…

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MessageSujet: Re: Cocon ouaté de réflexions... éclairé(es)? [PV: L'Ouroboros]   Mer 5 Mar - 16:35

Immobile
Il a peur, et plaqué contre la paroi rocheuse assiste à la lente et inexorable avancée de cet être dont il envie, dont il hait l'éclat et la pureté. Non, tout cela est fausseté! Regarde son visage déformé par la haine venimeuse... Oh oui, ton poison a bien fonctionné, peut-être mieux même que ce que tu avais prévu...


"Alors, mon brave... On perd sa dignité?"
Il éclate de rire, et son hilarité n'a d'égale que son inconscience et l'éclat insensé qui danse dans sa prunelle, ballet d'étoiles dérobées aux flots pour égayer un peu l'étendue plate et noire qui enrobe de goudron l'onde de sa prunelle
"Mais cher grand salaud...
Vous...
Vous n'existez que par rapport à eux. Moi je n'ai besoin de personne pour me sentir vivre.
Oh, mon dieu, j'ai osé dire ce que je pensais, soit dit que vous ressembliez à un ramassis de gamin jouant à faire la guerre... sauf qu'à votre âge, on appelle ça des débiles ou des abrutis. Pardonnez-moi, Sire le Couillon, Votre Majesté des Gueux, mais s'il y a un ver dans le fuit, accessoirement déjà bien pourri, de la résistance, ce n'est pas moi. Moi je ronge une autre pomme pour mieux vous dire comment y semer la discorde, mais lorsque je vois à quoi servent les informations que je récolte... Il y a de quoi se poser des questions."

Bravant ses craintes, elle avance.
Fière et forte de ses convictions, elle affronte l'Ouroboros, démence jaugeant le pouvoir et lui riant, et lui crachant à la gueule. Elle le snobe, elle le dédaigne, elle le nargue.


"Il semblerait que je me sois trompé à votre propos...
Je vous prenais pour un jardinier qui serait capable d'utiliser à bon escient l'engrais et le terreau d'informations que je lui apporte... mais il semblerait que vous n'ayez de cesse de vouloir rendre votre potager chaque jour un peu plus écoeurant et insipide. Grand bien vous fasse, mais je ne vous suivrais pas... s'il s'agit de cultiver la bêtise et encourager la connerie."

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MessageSujet: Re: Cocon ouaté de réflexions... éclairé(es)? [PV: L'Ouroboros]   Mer 5 Mar - 20:03

Il ne recule pas, ne faiblit pas ! C’est l’ouroboros qui faiblit, qui ne sait plus quoi faire. Il rit alors que l’ouroboros se désespère. Ah, qu’il hait se rire… Pourtant il n’arrive pas à tendre les mains vers le cou de l’impudent pour le faire taire. Non, il ne peut pas, et ne peut que se taire, immobile, le visage crispé. Cela ne sers à rien de se battre ainsi, pourtant, il s’y abandonne corps et âme. Chaque mot du gaillard le met un peu plus hors de lui, il a l’impression de se faire dépouiller. Ne touche pas à ce qu’il est ! Il n’a que sa misérable place… Il n’a rien d’autre. Pas d’attaches, pas d’envies. Ne le bafoue pas ainsi ! Arrête d’arracher la carapace qu’il déploie pour cacher le néant de son être, l’absurdité de son existence. Rien ne sors de sa gorge, mais ce n’est pas les ignominies qui manquent. Tout tourne dans sa tête à grande vitesse, mais Raziel ne lui laisse pas le temps de répondre. Puis il se rapproche. Ou plutôt elle. Raziel aura beau se cacher, sa physionomie n’est pas celle d’un homme quand on le… la regarde de près. L’ouroboros tend ses mains pour l’empêcher d’approcher. Une femme ? Son visage change d’expression. C’est la surprise, l’étonnement. Cet être hideux et insipide, une femme ? Cet être qui ne sait que se faire détester, une femme ? Il n’y a qu’une femme pour ainsi troubler un homme, quel que soit ses habits ! Il n’y a qu’une demoiselle pour posséder une telle rage ! Mais cela ne fera que renforcer la haine de l’ouroboros, cela ne fera que l’ébranler un peu plus. La corde a lâchée, la guillotine tombe. Mais ce n’est pas sur le cou de Raziel qu’elle s’abattra. Mais sur celui de l’homme.

« Tu n’as pas de conseils à me donner ! Que sais-tu de mes actes ? Comment peux-tu me juger ainsi ? Eh bien ne me suit pas ! Je n’ai pas besoin de chiennes infernales à mes côtés ! Je n’ai pas besoin que l’on me rabaisse ! J’ai… »

J’ai besoin de soutien. Ces derniers mots, il les a ravalés de justesse. Pas besoin qu’elle sache à quel point il se sent lourd, à quel point son esprit est asphyxié par ses charges. Elle se moquerait, en profiterait pour encore plus le mettre à terre, à enfoncer son visage dans la boue. Et lui n’a pas besoin de ça. Il a bien assez de mal à affronter la foule de résistants qui se rattachent à lui, bien assez à faire avec ses élucubrations. La réunion l’a fortement éprouvé, et se faire ainsi poignarder en retour de sa bonne volonté ne lui plait pas. Mais Raziel à raison, finalement, il n’agit jamais, et donne toute responsabilités à son supérieur. Il fait bien de le secouer, d’ainsi le malmener. Peut être qu’ainsi l’ouroboros se réveillera et ira de l’avant, au lieu de tâtonner sans jamais rien trouver, ou alors, en évitant de trouver, pour retarder le moment qui le fait frémir. Ou peut être resterait-il allongé sur le sol, trop faible pour se relever, enlaidi par ses propres vices. La rage est à présent maîtresse de son sprit, sa voix l’a trahi, sa façon de parler, ses gestes. A présent, il ne peut que s’enfoncer un peu plus. Pas la peine de se rattraper, il faut toucher le fond pour remonter. Mais s’avouer vaincu, avouer son tort, ça, il ne le veut pas.

Et sa main part. Elle siffle dans l’air, et heurte la joue de l’enfant, une punition bien futile, maladroite et complètement stupide. C’est en fouettant les esclaves que l’on en fait des révoltés. C’est dans la douleur que naissent les plus grandes résistances, et c’est dans la violence qu’elles répondent. L’ouroboros peut donc s’attendre à bien des tracas, juste parce qu’il a osé. Osé porter la main sur le doux visage de l’ange. Toutefois il ne s’en maudit pas, et même, sourit. Il sourit, dément, au bord du gouffre, de la crise. Depuis combien de temps n’avait-il pas été violent ? Comme ça lui manquait… Ca lui manquait de faire mal. De se faire mal.


« La seule connerie que je vois, c’est la tienne, catain ! »

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MessageSujet: Re: Cocon ouaté de réflexions... éclairé(es)? [PV: L'Ouroboros]   Mer 5 Mar - 20:36

Il blêmit, il frémit, puis tremble...
de rage.


"Connard, comment oses-tu? Qui te permet?
Catin... Tu me prend pour un gigolo? J'en serais un que je ne te vendrais pas mon cul pour un million!
Si tu es si pur, si droit, si tu es à ce point parfait, pourquoi t'énerves-tu, hein? Pourquoi?!"

Elle s'approche encore plus, malgré la gifle, malgré les coups, son égo piétiné, sa fierté massacrée, son masque jetée à bas l'onde du flux de sa mélodie pernicieuse, sa mélodie sinueuse. Proche à l'embrasser... proche à le mordre, à le griffer...
Faible, si faible...
Et puis au fond si fragile...
Quelques larmes lui échappent, mais les recueilleraient-on pour les lui montrer, pour les lui faire goûter qu'elle nierait avoir créé tels joyaux de douleur. Sa peau est trop brûlante, embrasée à même sa colère, pour que l'amertume puisse apaiser le volcan de ses émois devenus...
Rouge.
Rouge passion, rouge déraison, rouge comme le sang, comme l'amour qui pulse en rythmique jets endiablés, comme la haine, comme les draps de soie qui se froissent, qui se déchirent, qui éloignent et unissent les corps en les cachant loin du monde dans leur ode purpurine...
Rouge-gorge.
Ta mélodie est poignante et sincère, mais tu ne la reconnais pas même cette voix qui vibrante s'échappe de ton gosier et te laisse un goût inconnu sur les lèvres, un parfum dangereux, enivrant et captieux, enivrant et fou comme une fée verte qui te berce et te balance, en rythme et en cadence, te fait tournoyer puis t'envoie te fracasser... Absinthe. C'est aussi ignoble... C'est aussi délicieux. C'est jouissif, c'est bon, c'est nouveau, c'est puissant, c'est...
Sa prunelle flamboie, et l'hermaphrodite semble prêt à mordre, synthèse concrétisée, osmose réalisée...
Qu'importe le sexe, qu'importe la race! Elle est homme, il est femme, vampire, humain et tout ce que vous voudrez. Elle est hymne endiablée, il est douceur diaprée qui coule sur ce duvet d'enfant trop tôt soumis aux dures lois d'une vie plus cruelle ici encore que partout ailleurs, avec les jeunes gens qui à cet âge sommeillent non pas dans la maison familiale... mais dans un sanglant lit façonné à même leurs blessures, forgé de sang, scellé de larmes, comme un tombeau de regrets, comme des regrets qui fleurissent sur les charniers dehors...

Vautours, infâmes charognes, rapaces putrides...
Voilà ce qu'ils sont.
Et lui...
LUI!
Comment ose-t-il.
Il ne vaut pas mieux qu'eux...
Ah ça non...
Pas mieux...
Elle sanglote, il halète, semble se calmer...

Et pourtant, ce regard...
ce regard empreint de rage et de peine qu'il porte sur la silhouette opposée...
Et ces mots, et ce timbre, flexible, cordes vocales, altos, concertos pour le fol et le fou...


"Il n'y a que moi sois conne, c'est cela que tu dis?
He bien si je suis si inutile, trouvez-vous donc de nouvelles recrues.
Personnellement j'en ai ma claque, je m'en vais..."

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MessageSujet: Re: Cocon ouaté de réflexions... éclairé(es)? [PV: L'Ouroboros]   Jeu 6 Mar - 17:05

Il semble perdre la face, ses insultes sont retournées contre lui, ni plus faibles, ni plus fortes. C’est l’effet boule de neige, ils dérapent tout deux, se battent en dégringolant d’une falaise crée par leur seule folie. Se griffent, s’entretuent. Les mots ont une grande force, même s’ils ressemblent à des hurlements de bête sauvages… bêtes et méchantes. Lui ne peut s’empêcher de hurler à son tour, plus fort et plus puissamment que la… le… La jeune enfant. Ce dire qu’il est une fille lui donne l’impression qu’il est plus fort, alors que l’ouroboros sait bien que c’est faux. S’il a les muscles, la voix grave et la stature, elle a bien plus.

« Pourquoi voudrais-je de ton cul ! Tu es laide ! »

Oh oui, laide… Ni femelle, ni mâle. Il manque des formes, elle… Il n’est pas humain. Non, ce n’est qu’un mauvais déguisement mal fait, des coutures déchirées et du tissu Sali. Un corps souillé qui ne ressemble à rien. Mais l’ouroboros fait de même, se donne une fausse identité, se cache derrière une fragilité féminine qui n’est pas la sienne. Un loup déguisé en colombe. Que c’est moche, faux, absurde. Pourquoi désirer être autre chose que l’on est ? Pourquoi refuser d’être soi-même ? Il se moque d’elle, pourtant ils sont semblables.

« Regarde toi ! Tu n’es qu’un monstre sans formes ! »

Il aboie comme un chien, recule en grognant quand elle, belle et fragile, se rapproche de lui. Bien sur qu’il s’énerve. La pureté n’est qu’apparente… Mais l’ouroboros ne veut l’avouer, et fuit les questions de Raziel. Quelle lutte acharnée sans but ! Quelle absurdité, pourquoi ainsi se faire mal ! Mal à en pleurer… Elle cède, surprend l’individu qui l’a affrontée sans aucune douceur. Elle a gagné. Mais lui veut cette victoire, alors il continue de vipérer contre cette enfant blessée, apeurée.

« Non, tu restes ! »

Un ordre féroce et sans appel. Ses mains agrippent les bras du gamin, et son regard fou se plante dans les yeux en larmes de la petite fille.

« Pourquoi tu veux partir ? Pourquoi veut-tu me fuir ? Qu’ai-je fait ? »

Abruti, tu l’as vexé, tu l’as maltraité, toi-même tu l’as repoussé ! Ses yeux ne cessent de bouger, ses mains se serrent sur les bras fins de Raziel, son souffle est désordonné, il est troublé. Pourquoi faut-il qu’il soit toujours seul ? Enfin trouve t-il quelqu’un qui lui tient tête, qui le malmène, mais finalement il prend le dessus ! Raziel n’est donc pas à la hauteur ? Ne peut-elle pas le haïr avec autant de force qu’il pourrait l’aimer ? Ne peut-elle pas le faire crier aussi fort qu’elle rit ?

« Frappe moi, mords moi, mais ne pleure pas… »

Les larmes de Raziel sont aussi les siennes, aussi ne peut-il que s’en horrifier. Oh, que c’est hideux… Il préfère les cris hystériques aux larmes, la fureur à la tristesse… Car il ne la comprend pas.

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MessageSujet: Re: Cocon ouaté de réflexions... éclairé(es)? [PV: L'Ouroboros]   Dim 9 Mar - 17:16

"Et alors, qu'est-ce que ça peut faire des formes?
Je n'ai peut-être pas une silhouette de naïade, tu es peut-être plus beau, plus grand, plus altier et plus fier, tu collectionnes peut-être les bimbos...
Mais moi, tu vois... sous cette poitrine plate"

Elle s'approche encore...
Et ses yeux félins à l'éclat dément, à l'éclat d'aimant, prunelles mouillées, larmes argentées... ses yeux fixent sans ciller celui qui les as transformés, rendant vie à ces sources taries


"il y a un coeur qui bat."

Un arrêt, la danseuse en équilibre sur un fil, sur une jambe à la faveur d'une pointe tourbillonne...
et puis, encore plus près...
Il cherche à se braquer, à se défendre, l'infernal petit couillon, le damné rejeton... il ne veut pas se trouver si près de ce qu'il ne sera jamais, de ce que la nature lui a refusé, de ce qu'il a toujours envié et abhorré


"Tu veux que je morde?"

Un instant...
Plus près encore, il a failli hésiter, elle a failli flancher, mais tous deux réunis, différences confondues ils évoluent, plus forts que n'importe qui, appartenant un peu à tout un chacun et pourtant monstruosité, phénomène de rareté.


"Et si moi je ne veux pas?
Que je suis las de griffer, las de lutter...?
Je suis un gamin, mais toi, l'Ouroboros, tu es plus enfantin encore. Que cherches-tu? Que veux-tu?"

Son ton se fait lentement plus dangereux, grondement qui enfle avant de devenir la vague qui déferle et précipite...
les défenses comme des épouvantails, des fétus de pailles érigés.

Alors sans lui laisser le temps il bondit.
Il bondit et embrasse celui qu'il admire, celui qu'il exècre et haït...
Rejeter, attiser, attirer...
Dans son étreinte, il y a un peu de la morsure du vampire carnassier alors qu'elle semble presque vouloir planter les dents dans ces lèvres veloutées, dévorer cette bouche et la rejeter, griffer le dos et la taille fine de l'être qu'elle ne peut cerner, l'amener plus près encore, toujours plus près... le repousser...Se protéger, attaquer... fuir et désirer.

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MessageSujet: Re: Cocon ouaté de réflexions... éclairé(es)? [PV: L'Ouroboros]   Dim 9 Mar - 19:10

Un cœur ! Lui aussi a un cœur ! Oui, sous sa poitrine blanche se trouve un cœur qui bat. Mais peut être parlait-elle d’autre chose… Des sentiments, des humeurs ? Lui aussi en a ! De l’amour ? A…mour ? Sa gorge se serre, et à la question de Raziel, seul un faible « non », contradictoire avec ses paroles prononcées dans un excès de triste colère. Mais l’enfant n’en tiendra pas compte. Il recule alors qu’elle avance, alors que cette fois, c’est lui qui a peur, elle qui triomphe. Elle, lui et lui. Combat inégal. Pourtant il tient bon, grogne, ose soutenir son regard.

« Ce que je cherche… Ce que je veux… Cequejecherchecequejeveux… »

Il semble perdu dans ses pensées, s’arrête, ses yeux vairons toujours plongés dans ceux de Raziel. L’ouroboros n’est rien finalement. Il est vide. L’homme de kaolin ne sait plus ce qu’il cherche, ni ce qu’il veut. Une seule certitude : L’individu qui lui fait face le trouble. Sa présence le nuit, le diminue. Sa volonté s’efface, bien qu’il se tienne droit et solide. Mais son regard est change. Une lueur d’effroi, fugace mais présente agrandit ses yeux, alors que le fauve se jette sur lui. L’ouroboros ne peut pas même crier, alors qu’elle le mords à la lèvre. Ce ne sera qu’un gémissement qui lui échappera. Un gémissement d’une joie douloureuse. Ses yeux se ferment, puis se rouvrent. Alors ses bras forcent Raziel à lâcher prise, le repoussent avec une violence qu’il n’a pas coutume d’employer. L’individu en blanc est essoufflé, les cheveux en bataille, l’air hagard, perdu. Ne te laisse pas avoir, résiste, reprends le dessus. Sinon, c’est le gouffre qui t’attends. Alors de nouveau le même réflexe perdu. Une claque, une gifle, une baffe. Moins violente que la précédente, plus émoussée. Il a été surpris et prit de court.

Raziel, regarde les joues rouges de l’ouroboros, le sang qui coule de sa lèvre inférieure, ses habits débraillés, son regard farouche. Puis c’est à lui de te bondir dessus. IL s’avance, doucement d’abord, avec crainte, puis l’homme couleur farine entoure d’un bras les épaules du jeune hermaphrodite, bloquant la moitié de ses mouvements alors que l’autre se mêle à la crinière du sauvageon.


« Je ne sais pas ce que je cherche. Je ne sais pas ce que je veux. »

Elle ne peut se débattre, étant fragile entre les bras du damoiseau, qui penche la tête sur le côté, lui offrant ses lèvres.

« Toi qui a un cœur et qui t’en vante, apprends moi à en avoir un… Je souffrirai si tu le veux, jouirai si c’est ton désir. »

Le voilà qui rougit de demander ça. Ce n’est pas le gouffre qui s’ouvre sous ses pieds, c’est la montagne qu’il dévale. Le triste monticule qu’il s’était construit, celui qui lui permettait d’avoir de la hauteur sur Raziel. Mais il ne peut résister. Tant pis s’il ou elle tente de se débattre. Son bras enserre avec force le corps de l’être de feu, alors que son nez frôle avec délicatesse la peau de l’enfant. Peut être que sa faiblesse que met en avant Raziel vient de ça… Du manque de sentiments… L’ouroboros tremble légèrement, alors que ses doigts tentent d’apprendre les formes du corps de Raziel, descendant le cou, le bras, et cherchant la main. Peut être est-ce une bêtise ce qu’il fait, mais le contact humain est si bon, si chaleureux. C’est la chaleur qu’il lui manque. Et l’enfant semble en posséder tant, pourquoi ne pas en donner un peu à la montagne devant lui, qui gèle et aimerait pourtant être couverte de vertes prairies.

« Si j’en ai un, peut être arrêterais-je de te faire du mal… »

Il la tient, ne veut la laisser partir, et dépose un léger baiser sur le coin de ses lèvres.

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MessageSujet: Re: Cocon ouaté de réflexions... éclairé(es)? [PV: L'Ouroboros]   Lun 10 Mar - 12:05

Longtemps...
Cela faisait si longtemps qu'on ne l'avait fait vivre.

Elle souffre de se voir rejetée, alors qu'au fond c'était sa volonté...
Sa volonté à lui.
A Lui le gamin damné sur ces terres enneigées, l'enfant terrible au coeur qu'il voulait habillé de glace, pour pouvoir lutter... un peu... rien qu'un peu...
Contre la misère, contre la douleur, contre le froid, contre le malheur...

Apprend-moi à aimer

C'est alors qu'il avance, alors qu'elle frémit, tressaille, fauve végétal à la parure de sanglant soleil... Toujours ce même rouge, ce même brasier qui s'échappe en auréole de feu de ses cheveux en bataille, flammes affolées qu'il perturbe d'une blanche main.
Et le feu apprend la neige de la peur, recule dans cette lutte qui le déchire, qui l'harmonise, divine osmose, sublime et cruelle symbiose. Tout cela est trop grand, trop nouveau, son coeur s'affole et se heurte aux barreaux de chair de cette cage ensanglantée.
Et le feu se ravive, découvre qu'en se mariant au vent il devient encore plus beau, encore plus grand.




Et c'est la démesure.

L'oiseau s'envole, laisse cette atmosphère nouvelle tisser à même ses plumes un brillant vernis, chante et tourbillonne, plus fou, plus endiablé... enfiévré.
Prisonnier en apparence, c'est son âme qui resplendit, prend son essor et l'entraîne loin de la triste geôle de ses nuits où larmes et démence, vertiges et hallucinations se mêlent, s'entraident pour l'égarer, le blesser aux murs de marbre, aux murs de chair de ses frères mis à nus, mis à mort...

C'est un bonheur nouveau.
C'est une intensité, une immensité qui n'a pas de nom, pas de définition, une terre vierge qui s'offre à la larve qui se traîne dans sa fange gangrénée, s'enroule d'immondices pour se cacher, s'entoure de venin pour cultiver et faire germer le pus de ses souffrances, ses malversations muées en haine, transformées en armes.
Loin de son cocon cousu de rage et de psychoses, l'enfant se dépouille de ses névroses et nu s'avance... sans peurs, sans défenses, sans armes, sans pourtant se sentir démuni...

Toi qui voulais me briser les ailes, tu viens de m'en donner. Tu as écarté pour moi les pans de coquille que je n'arrivais pas à briser, libérant celui que tu voulais malmener.

Douceur nouvelle, ce corps qui explore le sien, cette bouche qui découvre et fait frémir la sienne...
L'hermaphrodite le serre, se raccroche à la frêle silhouette, vagues perdues dans la tempête, couleurs perdues dans cette tourmente, dans ce violent tableau... Lentement ses bras se lèvent et viennent plisser le tissu qui dérobe le corps de celui qu'il ne sait amant ou ennemi à ses yeux noirs, espace étoilé, reflet d'infini.

Lui non plus ne sait pas ce qu'il cherche, ce qu'il veut...
Ou plutôt si.
Il ne le sait que trop...

Un baiser.
Et son coeur manque un battement...
Et son coeur galope, sans commune mesure.

C'est la démesure.
Ce qu'il désire, ce qu'elle veut...
C'est ce battement d'ailes affolé et frémissant contre sa poitrine qui si elle est plate au-dehors n'est que contraste et déraison à l'intérieur de cet univers d'émois contraires, d'émois exacerbés.

Un baiser
Et la réponse est trouvée.


"Qu'importe le mal, qu'importe le bien..."

*Fais-moi tienne... Fais-moi tien.*

Passeront-ils aux aveux? Les dira-t-il ces mots, ces quelques sons qui peuvent tout changer... Qui changeront tout?
Je veux devenir tienne...
C'est une faiblesse.
Fais-moi tien...
C'est un défi.

Une formulation, et les rôles se renversent, et les pièces roulent, l'échiquier tombe au sol.



Elle hésite à parler, pense à Virgile...
Virgile...
sa belle, qui, même si elle ne le sait pas encore...
Va l'abandonner.


Mais pourquoi ce qui dort sous ce sein s'agite et remue? Est-elle finalement trop sensible aux autres, capable de concevoir de tels sentiments pour plusieurs en même temps....?
Plusieurs....?
Mais non, tout cela est tellement différent.
Et puis elles ne se sont pas juré fidélité, Virgile ne s'est jamais privé...
Il ne s'agit pas de tromperies, juste de...
Vivre.


"Fais-moi tienne... Fais-moi tien."

Les dés sont lancés, où vont-ils rouler? Sur quelle face s'arrêter?
Les mots sont lâchés, cela est dit. Quelles en seront les conséquences, où les entraînera cette danse?
A toi d'esquisser le prochain pas, être mystérieux... futur amoureux?

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MessageSujet: Re: Cocon ouaté de réflexions... éclairé(es)? [PV: L'Ouroboros]   Ven 25 Avr - 4:46

Son coeur bat, hurle à ses tempes ! Son coeur hystérique où la pourriture d'un sang étranger rampe !
Son coeur las, son âme qu'elle enserre de ses doigts, étranglant d'un peu plus, d'un peu plus cette pierre. Ces stalactiques menaçant les cieux humides de ses lieux. Ceux qui soutiennent en crocs puissant, une mâchoire que seul l'eau plus que le temps, peut vraiment altérer.
Elle ne sait pas pourquoi, mais soudainement, l'endroit ne lui plait pas.

Pourtant ce sont des presque figurines qui se meuvent en silence, ce sont des figurines qu'elle n'a pas créé qui n'ont pas besoin de sa main, de ses outils, pour évoluer, pour surgir du néant, se construire peu à peu... avec tout leur temps.

Cette grotte, représente l'antithèse de ce qu'elle est, cette grotte se construit lentement et se désagrège en naissant... plus profondément. Et elle, elle qui fait surgir la matière enflammée, elle qui créait jusqu'en la nausée, à en détruire de manière quasi-simultanée !

Pour ne laisser aucune trace... Aucune trace de son passage. Aucune mémoire pour l'éternité. Oublier, à en oublier la raison, l'horizon. S'oublier, se désagréger... à l'abnégation de ce que l'on est, de l'entité.

Tu l'as déjà fait une fois, souviens toi Tossia. Tu étais sotte alors de croire que tu aurais le temps de tout modifier de ta main, d'évoluer tel un autre pantin. Qu'une petite idiote, Il te l'a bien fait comprendre. Rien ne sert de se couvrir quand on ne sait pas vraiment partir. Rien ne sert de courir, lorsqu'on est prêt à bondir hors de soi en étant vraiment...

Etant quoi ?
Qu'étais tu ?

Tu as préféré oublier, tu as préféré te saouler au présent comme si ton temps était compté, comme une minuterie interne tonitruante pour le moment que tu auras choisi. Être fugace, être passion, être d'ombre disparaissant aux premières lumières. Ce qui se créer et grandit, et ce qui désespère quant alors les cieux resplendissent... diminuant à l'en oublier celle qui suivra malgré tout en éphémère changeante, éternelle chienne docile à mourir et à naitre.

Une ombre.
C'est cela. Une simple ombre. Tu n'es plus toi.

Alors que ceux qui s'enlacent devant toi, ceux qui s'enlacent apprennent à naitre de celles-là. Resplendir de sa propre lumière, quitte à s'en bruler. Mais tu brules toi, tu brules n'est ce pas ? D'un feu puissant, d'un feu ardent !
Un brasier ! Un incendie si puissant que ton cœur s'en est consumé.

Tu frissonnes, tu as froid tant il fait chaud, tu as froid quand leurs peaux s'embrasent, tu as froid dans ta stèle de morte,
VIRGILE !



Mais tu trembles ? Tu trembles quand cette main étrangère la caresse, tu trembles quand ces lèvres qui ne sont pas les tiennes dévorent ses baisers. C'est douloureux. Ton cœur dans un étau. Il a beau ne plus pulser que du déjà-mort, il te fait mal, MAL.

... à en crever.


Qu'importe les raisons de ta présence, qu'importe qu'elle te manqua, qu'importe l'absence, qu'importe...
Alors pourquoi ? Pourquoi ce désir possessivement vorace ?
Comme si l'ignominie née cette nuit là, refaisait surface devant toi. Devant eux.

C'est ainsi que tu te dresses, terrible.
Aucun des beaux atours qui affublent habituellement les gens de cette cour. Aucune prétention dans ce large t-shirt et cette salopette pendante. Juste tes doigts crispés, ton regard figé. Ton visage si souvent enflammé qui n'est plus que d'un marbre... mortuaire.


* C'est étrange.
Je ne pensais pas pouvoir souffrir encore. *


Ta bouche n'a émit aucun son, mais tes phrases sonneront distinctement dans leur tête, comme le glas d'un cortège...

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Pas besoin de second ou de terce, cela définit l'indifférence que je vous accorde."



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MessageSujet: Re: Cocon ouaté de réflexions... éclairé(es)? [PV: L'Ouroboros]   Ven 25 Avr - 20:53

La chasse semble se finir, voilà le tête à tête. Qu’on lui accorde tant d’importance, qu’on s’offre ainsi à lui le grise. Le rend joyeux. Elle le rend joyeux. Lui qui aime si rarement, qui critique, hurle et se débecte de tout, méfiant et hargneux, enlace, embrasse, s’éprend. Ses mains qui l’enserrent, le goût sucré de sa peau, ce fruit qu’il croque si goulûment, ce nectar dont il s’abreuve.

Raziel ne l’a pas repoussé. Elle aurait dû.

L’ouroboros n’est pas même un loup, puisqu’elle n’est pas brebis. Mais il reste dangereux, assoiffé, sa gorge est si sèche qu’il pourrait la mordre, la brusquer. Il n’est pas doux, n’est pas sympathique. Quand il veut, il se sert. Et quand il ne veut plus, il jette. Quand une fleur est fanée, quand on connaît son parfum, on finit par s’y habituer et pencher vers une autre. Oui mais il y a des choses dont on ne se lasse pas. Peut être fait-elle partie de ces fruits que l’on aime toujours.

Ou peut être pas.

Un léger frisson parcours l’échine de l’homme alors qu’elle l’enlace, toujours plus fort, lionne aux griffes qui sont à présent barreaux d’une cage. Cage où il a été enfermé. Mais si belle cage ! Il en soupir de plaisir, en chanterai. Ah ! Qu’elle est belle ! Ce n’est pas une nymphe, pas une déesse. Qu’importe, il lui donnera les cieux. Elle n’a pas de formes ! Et alors ? Il les imaginera…

Ses fins bras qui plissent le tissu qui recouvre son corps, si petits, si doux… Il se sent si rustre, ses mains semblent si calleuses, si grossières par rapport à celles de Raziel qu’il ose à peine les poser sur le corps nu et chaud de l’enfant, à peine l’effleurer. Oh, la douceur, il ne pratique pas. Mais elle semble bien la connaître, s’en sers si bien qu’il ne fait qu’en redemander. L’individu de blanc vêtu passe une main dans le dos de Raziel, la plaque contre lui, l’embrasse. Ses lèvres, ses joues, son cou, ses épaules. Il veut tout.

Elle sera sienne.
Il le fera sien.

De toute, qui pourrait l’empêcher ?
A part elle.

Elle qui vient d’entrer, de se montrer, de crier à leurs âmes son désespoir. Il sursaute, relève la tête, passe une main dans ses cheveux, nerveux. Enfant pris en train de faire une bêtise. Qui est là, qui a parlé, qui les a surpris ? Qu’a-t-il fait, que faisait-il ? Il se sentait si bien. Le voilà au plus mal. Puis il croise son regard. Un regard lourd. Posé sur eux. Vêtue sans apparat. Une reine sans traîne, sans robes, sans bijoux. Mais une reine quand même. A qui il a volé la couronne, le bien le plus précieux. Il le sent, appréhende, cherche une excuse. Rendre le diadème ? Hors de question, il lui va si bien ! Mais une gêne l’envahit, le transperce. Un froid immense alors qu’il contemple les cheveux en bataille de la belle restée sur la rive. Sa main se resserre sur le flanc de Raziel, à en faire blanchir sa peau, à y planter les ongles.

Il n’est plus sur de rien.
Qui est-elle ?

Sa respiration est calme, mais son cœur bat la chamade. Un long silence. Il n’ose rien dire, rien faire. Il y avait tant de tristesse dans sa voix ! Il ne distingue qu’à peine son visage, mais déjà il n’ose plus le regarder. Qu’à-t-il donc encore fait ? Ses beaux yeux se baissent, fixent l’eau qui les entoure.

Elle n’a pas parlé. Elle a pensé.
Il en tremble.
Une fille de nuit.

« On souffre tant qu’on vit. »

Une seule phrase, une voix dure comme il a toujours eu alors qu’il ne cesse de s’alarmer. Ah, L’ouroboros restera toujours le même. Quand lui apprendra-t-on à caresser avec autre chose que le bout de ses ongles ? L’homme ne veut savoir qui elle est, ne veut pas même l’imaginer. Son visage se referme, redevient froid et âpre. Mais il continue pourtant de serrer Raziel, comme par peur qu’elle s’en aille. Ce qu’il ne veut pas. Même si elle le frappe, crie, mords, griffe, gifle, insulte. Pourquoi donc ? C’est trop confus, trop sibyllin pour l’instant.

Mais il veut. Garder, pas perdre. Alors il se roule en boule, se fait dur pour mieux faire mal.

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Cocon ouaté de réflexions... éclairé(es)? [PV: L'Ouroboros]

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