J'ai quitté ce monde et je suis revenu transformé
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Ana [Sylphide]

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Ana
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MessageSujet: Ana [Sylphide]   Ven 28 Déc - 3:07

I. Renseignements généraux

[†] Nom : Sorel

[†] Prénom : Ana

[†] Âge : 9 ans

[†] Âge lors de la mort: 8 ans et demi

[†] Race : Sylphide

[†] Lieu de naissance : Séville

[†] Lieu de décès : Gerona

[†] Pouvoir : Faire survenir en tous l’image même de la peur, la mort.

[†] Parti : Fidèle

[†] Statut : Noble

[†] Sentiments vis à vis des humains et des vampires:
Ana a renié l’humanité, sa violence et sa stupidité. Elle voit les vampires comme des êtres captivants aux sens exacerbés, elle voudrait comprendre comment Vicente c’est retrouvé au cœur de la cour, dans les bras de Rociel. Vraiment particulière comme personne, elle ne craint nullement les regards machiavéliques des morts aux grandes dents et serait amenée, au contraire à les regarder de haut, avec le dédain qu’offre le savoir à l’ignorance. Les humains sont selon Ana des bêtes cruelles et sanguinaire, plus encore que les vampires, des sauvage, barbare qui ne savent aimer et n’agisse qu’en animaux poussé a la reproduction sans se soucier des conséquences.

II. Descriptions

[†] Description physique :
De son vivant, Ana était une jolie fillette de type méditerranéen. Assez grande, un corps fluet, elle attirait sur elle les regards par ses sourires lumineux. Son corps d’enfant ne laissait aucun doute sur son sexe, car ses traits fins et ses longs cheveux pouvaient ne pouvait omettre le fait de sa beauté future et de son charme naturel.

Son visage était d’un bel ovale, quoique un peu rond en raison de son jeune age mais ne demandant qu’à se parfaire ce qui aurait certainement été le cas si on lui en avait laissé le temps.
Sa peau toujours bronzée reflétait ses origines espagnoles. Mat, presque doré, Ana semblait irradier d’une chaude et douce lumière.
Loin d’agresser les êtres humains présents à ses cotés, sa simple présence tentait plutôt de tirer un sourire, de réchauffer une âme ou un cœur meurtrie, offrir à tous ceux qui posaient les yeux sur elle une parcelle de son soleil intérieur.

Sa chevelure lui arrivait autrefois aux reins, elle choyait sur son dos en une longue cascade de boucle brune aux mèches abîmées. La lutte était constante entre Vincente et elle quant au sort du « sac de noeuds » aux pointes fourchue auquel Ana tenait tant.
L’idée de les couper, comme son père le suggérait si souvent, provoquait chez elle d’irrépressibles crises de larmes probablement dû à un traumatisme infantile. Dans ses cas là, ses grands yeux bruns si confiants s’emplissaient de larmes et de courts sanglots disjoignaient ses lèvres boudeuses. Ses cils battants, emplis de gouttes chagrines, finissaient d’achever l’ordre sévère et d’abattre la menaçante paire de ciseaux, deux bras s’ouvrants, la nichant contre le cœur aimant de celui qu’elle voyait comme un père.

Agile et souple, elle enchaînait les sauts et ne cessait de courir d’un lieu à un autre, escaladant, grimpant, tombant et égratignant ses jambes sveltes et musclées. Tel un cabris, elle gambadait dans les rues pavées d’Espagne, ses traits épanouis arborant un amour filial retrouvé après de nombreuses années sombres et crasseuses.
À présent lorsqu’on regarde la petite fille, on ne voit plus la même personne. Elle n’est semblable à aucun niveau et son image d’aujourd’hui ignore totalement les traits qu’elle possédait des décennies plus tôt. Normal diraient certains, son corps, cette enveloppe charnelle, cette flasque masse de cellules vivantes qui l’étouffe, cette apparence n’est pas la sienne. Elle ne sait pas à qui est ce corps et elle s’en fiche. Ce qu’elle sait, c’est qu’elle ne l’aime pas.

Il est laid.
Il est différent.
Il ne lui ressemble pas et elle ne peut s’y retrouver.

Ce corps a tué son père.

Petit et minable. Fragile et impuissant. Elle a perdu tout ce qu’elle était.

« Elle est adorable ! » S’exclameraient les dames de la cour avant de croiser son regard. Si mignonne...
Désormais petite, pas plus d’un mètre vingt, Ana est physiquement l’exemple d‘une jeune fille modèle. Ses cheveux fins sont noirs et lui arrivent un peu au-dessus des épaules, ils tombent sagement en larges ondulations, encadrant son visage de courtes anglaises souples et brillantes. Ils s’accordent à ravir avec ses pommettes roses et arrondies, signe enfantin des plus charmant, et soulignent le bleu profond de ses jolis yeux. « Oh ! Comme elle est mignonne ! » Pourraient dire les dames de la cour avant de s’immerger dans les abysses destructeurs qu’elle a pour pupille. Un petit ange ! Un corps dépourvue de courbes féminines, mais parfaitement proportionné pour une demoiselle de son age, un peu potelé peut être, mais il s’agira là de traces d’enfance et de rondeurs destinées à disparaître.

Pourtant ce regard...

Non, elle ne l’a pas perdue cette faculté de communiquer avec autrui d’un simple coup d’œil. Si à l’époque elle dulcifiait n’importe qui en plongeant ses prunelles dans celles de son interlocuteur de façon à montrer son amour, sa bonté et sa vivacité, elle emplie maintenant celui qui ose l’affronter d’un tourment glacial, elle offre une vision infernal de ce qu’est la folie, la peur, la haine et la mort.
Ces grands yeux bleu, si beaux, qui pourrait pétiller de vie et de chaleur, montre ce qu’elle n’est pas.

Car aussi réel que soit le corps de cette fillette, toute once d’humanité l’a quitté à l’instant ou elle est revenue d’entre les morts.

[†] Description caractérielle :
Autrefois un sourire illuminait continuellement la bouille de la petite Ana dont les yeux curieux cherchaient toujours de nouvelles informations à assimiler. Un mot doux, un « je t’aime », qu’elle n’aurait jamais hésité à baragouiner face à son père, cet homme qui avait illuminé sa vie. Un attention et un amour débordant, pataud mais tellement présent.

Vitalité et joie de vivre retrouvée.

Elle avait enfin réussi à oublier l’abandon, la trahison de parents que le malheur égoïste avait poussés au renoncement. Elle avait retrouvé un père, quelqu’un sur qui compter, quelqu’un qui enfin pourrait lui rendre l’amour débordant dont chaque enfant est pourvu. Elle pouvait faire confiance et prendre le statut de mineur irresponsable qu’elle n’avait jamais pu être.

Les sept premières années de sa vie avaient été extrêmement mouvementées, cette instabilité se retrouvait donc ineffaçablement dans son caractère. Étrange enfant que cette fille du sud à l’épicé caractère. Enfant oui, et pourtant déjà adulte parfois, dans son comportement, dans ses raisonnements, car il est difficile d’aimer après avoir subi le rejet et le mépris. Il est presque impossible d’offrir sa confiance à nouveau quand elle a été meurtrie. Bafouer la naturelle confiance d’un petit être, quel cruauté diraient certains, c’est si fragile, si dur à reconstituer l’honnête pureté de l’espérance. Qu’ils sont rares ceux qui parviennent, une fois leur rancœur passée, à se reconstituer une complète confiance en eux-mêmes.

Elle y parvint.

Cette gamine malmenée par la vie, à nouveau elle trouva la joie. Sans se laisser abattre, sans perdre courage. Elle fit face. C’est ce qui résidait en son père durant ces dernières années. Voilà ce qu’elle ressentait, ce qu’elle voyait en Vicente.

L’espoir.

La sûreté d’un avenir, l’appui d’un amour. L’accréditation. Ses années de solitudes prenaient fin, elle serait heureuse, toujours à l’abris de ses bras protecteurs. Que penser ? Comment comprendre l’arrivée du trait brûlant qui lui déchira les entrailles ? Le destin peut être ? Le choix d’un dieu quelconque ? Une malédiction ? Pourquoi mourir ? Parce que tout être vivant meurt, c’est un cycle imperturbable, ça elle le sait. Mais pourquoi mourir seule, par bêtise ? Pourquoi mourir alors qu’enfin la vie lui présentait une joyeuse tournure, un avenir ?

La mort n’est qu’une circonstance comme une autre à laquelle chacun est confronté.

L’arrivée d'une balle en plein poitrine, l'arrivée d'e faux qui fend le fil. Ce n'est rien, rien de plus qu'une mort parmi d'autres. Cela, Ana le sait. Ce qu'elle ne peut s'empêcher de demander, c'est pourquoi? Pourquoi maintenant, pourquoi elle, pourquoi l'arracher au bonheur retrouvé?
Trahison. Encore, toujours. Car ils ne sont pas là les bras protecteur, ils sont loin, elle les voit s'éloigner encore et encore. Ils l'abandonnent. Et ses tout son amoure, toute sa confiance qui disparaît, se dissipe, comme sa conscience. C'est l'espoir qui coule hors de son corps à flot régulier. La vie ne vaux pas le coup d'être vécu. Les humains sont pourris, dégueulasses. Cette mort tant espérée autrefois, haï sur l'instant, n'est elle pas au fond bénéfique?

Voilà les dernières pensées d'une petite vie qui s'éteint, d'un fil si bref, si fragile qui se rompt.
Comment comprendre alors qu'on l'enlève à son environnement, comme si une fois de plus, la vie s'excusait de l'avoir meurtrie ? Pas de pardon. Plus de pardon. Dans la mort, chacun sait ce qu'il est et ce qu'il a vécu. Chacun peut songer. L'éternité est à disposition pour penser à ce qu'offrait la vie. Pourquoi la retirer à son éternité songeuse ? Que de cruauté se serait elle dit de son vivant...
Oui, mais à présent cela la laisse coite. Elle sait où vont les morts, elle sait ce que pensent les morts, elle sait ce qu'est la mort.
Elle est morte.

Mais eux ne savent pas. Ils ne savent rien, contraints par leurs passions, leurs désirs et leurs corps, dévoré par l'ambition. Ils ne savent rien au fond ce qu'est la vie... ni la mort.

Ana n'est pas un adorable petit ange. Elle n'a connu ni paradis, ni enfer. Elle a connu la mort et maintenant elle sait.
Ce qu'elle ne sait plus, c'est vivre. Car on ne peut vivre qu'en étant contraint physiquement et mentalement. Comment faire pour ressouder les barreaux de la cage, pour s'enfermer à nouveau et oublier son savoir ? Elle est perdue la pauvre enfant, elle ne sait que faire face aux émotions, aux sentiments et aux besoins. Elle pleure, elle pleure encore la perte de l'amour, la perte de l'espoir, et désormais, la perte de la liberté... Elle... elle pleure ? Oui, les regrets et les pensées ne suffisent plus, des larmes coulent sur ses joues, des sanglots s'échappent de ses lèvres, tout son petit visage exprime la douleur ressentie. Elle voit, elle entend, elle... elle est ! Mais pourquoi, pourquoi lui faire ça ? Qui ? La vie est à apprendre à nouveau !

III. Dans la vie courante

[†] Style de combat : Elle mordait autrefois, désormais, elle sait qu’on ne lui cherche plus querelle.

[†] Relations :
N’eut-elle pas comme chacun un père et une mère ? Non, ça elle ne s’en souvient plus, elle ne veut plus s’en souvenir. Mais si ! Elle avait un père ! Cet homme qu’elle avait adopté sans même lui en laisser vraiment le choix, car on ne choisit pas d’aimer, l’homme blond, solide comme un roc, qui jamais ne l’aurait abandonnée, qui l’aurait protégée de tous les maux. Cet homme ? Non. Qu’était-il lorsqu’elle l’avait retrouvé étendu, froid, pâle à ses côtés ? Un mort. Mais... Et les autres morts de la citée, car ils semblent morts les cadavres qui l’entourent à la cour, pourquoi ne gisent-ils pas à terre ? Vicente lui ne bougeait plus, pourtant il leur ressemblait. Ils sont morts, et leurs corps sublimés le confirment amplement. Ils sont si froids aux cotés de cet organisme plein de vie qu'est celui de la petite fille ! Pourtant elle le sait, ils ne savent pas ce qu’est la mort. Ils ont perdu leurs corps, sans jamais que leurs âmes ne quittent leurs dépouilles...
Non, personne ne sait, elle n’a aucune relation avec ces étranges non morts. Mais peut être... Comme il est doux cet être qui lui a ouvert les bras. Lui seul connaît le vide que laisse la mort dans l’âme. Lui seul aimait cet homme qu’elle pleure à présent, celui qui devait aimer à jamais, ne pas partir, ne pas la laisser, celui qui devait être là. Toujours là. Le Roi ? Quelle importance ? Lui seul connaît...

[†] Signes particuliers :
Les yeux d’un adulte responsable, d’un être ayant vu beaucoup plus que ce qu’il n’était sensé découvrir.


Dernière édition par le Ven 28 Déc - 3:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ana [Sylphide]   Ven 28 Déc - 3:09

[†] Histoire :
On a toujours le choix ! Vraiment ? Qu'elle étrange idée... N'a -t- on jamais le choix, voilà plutôt la réaliste forme de la question. Elle est morte ! Une balle qui s'échappe qui s'enfuie à travers l'air, vole, petite balle, cour à travers l'atmosphère. Une balle dans le ventre, une balle dans l'épaule. Tiens, la tête n'est pas touchée? Ni le coeur, ni l'aorte?Pauvre, pauvre petite fille, oui, c'est le foie qui a pri. Comme elle souffre la belle enfant. Effondrée sur le bitume. Elle ne bouge plus la petite et respire à grande peine. À travers ses yeux mi-clos, elle regarde l'ombre qui s'éloigne encore, encore... Elle entrouvre les lèvres et hurle son nom. Aucun son ne sort. Il est loin maintenant, très loin d'elle. Mais elle pleure ! Pauvre, pauvre petite fille, elle meurt lentement, son sang s'échappe à toute allure. Elle ne fait rien, elle attend. La fusillade s'est arrêtée ou a t elle déjà perdu l'ouie?

Il était une fois… Mais pourquoi donc une fois somme toute ? Soit, prenons cette fois. Cette fois là. Car peut être n’est ce qu’une fois. Ou serait-ce une foi ? Non, pour cette enfant, l’enfant concernée cette fois, la foi n’existe plus…

Née dans un pays ravagé comme tant d’autres, elle fut oubliée. Dès sa naissance, oubliée par ceux qui l’avait engendrée. Morts. C’est bien la mort qui la poursuit depuis le début de sa faible existence. Ses parents moururent avant même qu’elle n'eut prononcé leurs noms. Ou du moins, c’est ainsi qu’elle le vit. Elevée dans un orphelinat, elle ne reçue pas l’affection due à une enfant de son age. N’oublions pas l’origine du mot. L’idée qui berça l’enfance de cette fillette. La racine de ce mot que l'on retrouve dans le grec « orphanos » désigne la servitude, le travail forcé.

Voilà ce qu’est un orphelinat.

C’est le lieu où sont élevés ceux qui deviennent où deviendront esclaves de la société, ceux qui pour vivre n’auront d’autres choix que de se soumettre au bringuebalement incertain de la vie. Ceux qui n’écriront jamais eux-mêmes les lignes de leurs avenirs, qui jamais n’auront l’illusion de soumettre la main du destin.

Jamais.

Mais Ana, est-elle consciente de cela ? Sait-elle vraiment dans quelle situation malheureuse et pourtant si commune elle se trouve ? Certainement pas. Ce n’est qu’une enfant dit-on, elle n’a aucune conscience du monde qui l’entoure !
Les adultes voient depuis toujours les enfants comme des êtres inférieurs, un peu stupides, qui progresseront avec l’age, mais dont l’esprit n’est pour l’instant pas tout à fait formé, à l’image du corps. Alors un bambin élevé comme un veau dans une ferme, n’ayant pas accès à un quelconque degré de culture n’est qu’une créature a peine achevée. Un veau. Une bête ayant besoin de lait et ne désirant qu’une seule et unique chose, la présence d’une mère aimante et chaude, protectrice.

Un veau.

Effectivement le directeur de l’orphelinat se prenait pour un cow-boy, ses employées étant des juments à monter. Hors les juments, bien que tolérantes, n’apprécient pas forcément la présence des veaux. Sécheresse et rigueur étaient de tenue. Ce qui ne posait aucun problème apparent à la petite fille, elle aimait vivre, elle acceptait la dureté de ceux qui l’entouraient tant qu’elle avait suffisamment de liberté pour paître là ou elle le souhaitait. Oui mais.
L’enfance se construit en plusieurs stades, et l’acceptation est reniée, rongée, rognée par le manque d’affection. Pourquoi se demande t on subitement ? Non pas pourquoi sommes-nous traités comme des bêtes d’élevage, non, ca c’est une normalité, acceptée avec le temps, mais pourquoi n’ais-je pas le droit d’aimer, d’offrir un sourire, pourquoi suis-je réprimandée lorsque je ris trop fort, lorsque je tends la main… Pourquoi les enfants que nous croisons en allant à l’église tous les dimanches matin on eux le droit d’aimer ces grandes personnes qui leur tiennent le bras, leur presse affectueusement l’épaule. Et moi ? Pourquoi pas moi ?

Les autres enfants pleurent, certains viennent d’arriver, viennent d’oublier ce qu’est l’amour, viennent de perdre ceux qu’ils voyaient comme leurs protecteurs de toujours, leurs parents.

Ils ne sont plus là.

Elle, elle les observe. D’une certaine façon, elle comprend leur chagrin, mais le soleil brille aujourd’hui, et elle ira faire de la balançoire. Elle voit une petite fille qui pleure, sa maman vient de mourir dans un accident de voiture. Les enfants ne savent pas voir le monde tel qu’il est, mais l’illusion qu’ils en ont est encore bien plus laide par certains côtés, l’horreur amplifiée par l’imagination.

Elle attendait.

Patience d’ange d’un être exceptionnel, qui prend son existence comme elle vient, qui accepte les meurtrissures sans se poser de questions car demain la vie sera plus belle.
Elle à raison d’attendre la gamine, mais il faut parfois pousser le destin. Un jour, elle s’en aperçoit, elle regarde la pluie tomber par la fenêtre, cette pluie chaude des nuits d’Espagne. Tout le monde dort, le silence l’entoure, elle ne sait pas s’il l’embarrasse, la protège ou l’oppresse.

Elle regarde autour d’elle. Les trois autres filles du dortoir ont déjà plongé dans le sommeil. Ana quitte le rebord de la fenêtre et s’approche de son propre lit, sans faire de bruit. Elle saisi son sac à dos, et y met ses quelques vêtements, comme elle peut. Elle s’habille chaudement. La pluie l’appelle. La liberté de ne plus sentir tous ces regards sur elle, de ne plus irradier les autres, de ne briller que pour elle-même, juste quelque temps, sous la pluie…
Elle quitte la chambre et se faufile dehors par la verrière du réfectoire. Les gouttes ruissellent sur son visage et ont vite fait de la recouvrir, d’imbiber ses vêtements. Elle n’a pas froid la petite fille, elle marche rêveuse, sans savoir ou elle va et pourtant, traçant son chemin vers la ville, elle semble confiante. Elle sourit volontiers aux passants, et l’on ne peut penser a mal en voyant son visage radieux, dispensant paix, joie et sagesse.

Elle ne les vit pas passer ces mois seule et pourtant accompagnée. Seule, car passant d’un lieu a un autre, parfois d’une rue froide et goudronnée à une autre rue pavée et toujours aussi froide. Passant du rhume à l’angine, de l’angine à la bronchite… Mais toujours trouvant une âme charitable pour lui offrir un repas, parfois un toit. Bien sûr, il fallait être vigilant, qu’un flic trop bien intentionné ne la prive de cette liberté fraîchement acquise.

C’est jouissif de se sentir libre, surtout pour un esprit comme le sien.

Oui, mais le froid ne pardonne pas, la faim non plus, et si l’esprit peut abstraire les réalités physiques, il ne peut en faire autant avec le besoin d’affection.
Cela dépérit un enfant que l’on ne chérit pas, un enfant seul.

Cela ne sourit plus.

Elle ne souriait plus. Pourtant un jour, l’une de ces bonnes âmes lui ouvre les bras, puis finalement lui ouvre son cœur. Elle l’a trouvé cet amour de toujours, ce parent adoré, cet être souhaité, rêver…

La plus beaux mois de sa vie sans doute aucun, la plus belle année, les plus belles an…

Non.

C’est le foie qui a pri alors que l’amour s’éloigne, que la fusillade cesse, que le sang se déverse comme la mort se répand.

Morte.

Pourquoi est elle là… Encore là… Sans lui.

Seule.

{ L'histoire reste très vague, j'en suis navré, mais comme nous l'avions prévu, cela fait partie intégrante du personnage.}
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Rociel Van Sogenfaur
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MessageSujet: Re: Ana [Sylphide]   Ven 28 Déc - 12:23

Magnifique!
Je me suis régalé de cette lecture...
C'est bien écrit, fluide, émouvant...

Fiche validée, et bienvenue parmi nous!
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Ana [Sylphide]

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